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 Douloureuses retombées (terminée)

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littleangel



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MessageSujet: Douloureuses retombées (terminée)   Dim 3 Fév - 20:54

Attention : fiction sadique, avec passage très glauques ! Déconseillé aux moins de 12 ans! Petite précision : des horaires sont indiqués car cette fic a été postée en temps réel sur un autre forum. Ces indications permettent de connaitre le déroulement des faits en direct!

- Douloureuses retombées-

Il pleuvait ce jour là. Les nuages encombraient le ciel, et Lilly regardait par la fenêtre, cherchant en vain un rayon de soleil. La nuit tombait et toute l’équipe avait attendu en vain une nouvelle affaire. Nick, Jefries et Scotty jouaient au poker dans un coin de la pièce, Stillman classait de vieux dossiers dans son bureau. Soudain, une voix masculine trancha le silence. Elle était tellement peu assurée que seule Lilly l’entendit. Lilly se retourna et aperçut un homme brun d’une trentaine d’années, des grands yeux verts qui semblaient être ceux d’un gamin complètement paumé. Il portait un manteau noir un peu trop grand pour lui, et des vêtements assez sobres.

Kevin : C’est ici le bureau de la criminelle ?

Lilly s’approcha de lui et lui tendit sa main en signe de bienvenue.

Lilly : Je suis l’inspecteur Rush. Qu’est ce que je peux faire pour vous ?
Kevin (visiblement mal à l’aise) : Je….voilà, mon frère a été tué il y a 12 ans et….on a jamais retrouvé son assassin et….je me disais que peut être….
Lilly : Vous savez, on réouvre généralement une enquête quand il y a du nouveau.
Kevin :Ah….euh….c’est pas grave…je vais m’en aller….je….

Lilly regarda Kevin s’éloigner avec empathie. Elle fut touchée par son regard si vulnérable, et elle décida que puisque aucune affaire ne s’était présentée aujourd’hui, elle pouvait bien jeter un coup d’œil à celle-ci. Elle interpella le jeune homme, qui se retourna lentement, comme si on l’avait agressé.

Lilly : Attendez !

Lily se rapprocha de lui, lui fit un sourire pour le mettre en confiance et pour le rassurer.

Lilly : Comment s’appelait votre frère ?
Kevin : Brian…Brian Palmer.
Lilly : Vous voulez venir vous asseoir pour discuter ?

Le jeune homme hocha timidement la tête, et Lilly l’invita à entrer dans le bureau. Nick, qui avait encore perdu une partie, jeta ses cartes sur la table et remarqua le jeune homme en compagnie de Lilly.

Nick : On a une affaire ?

Scotty et Jeffries se retournèrent en direction de la jeune femme. Kevin se sentit soudain prit au piège sous le regard de ses trois inspecteurs, et commença à montrer des signes d’anxiété, ce que Lilly ne remarqua pas toute suite.

Lilly : Peut être.
Kevin : Excusez moi…je…on pourrait pas…discuter dans un endroit tranquille ?

Lilly tourna la tête vers lui et perçut la nervosité du jeune homme, qui ne cessait de jeter des coups d’œil en direction des trois joueurs de poker. Voyant qu’il se sentait mal à l’aise, elle décida de l’emmener dans une salle d’interrogatoire. Au moins là, ils seraient au calme et Kevin pourrait se confier sans inquiétude.

Assise en face de lui, Lilly regardait le jeune homme se tortiller sur sa chaise. Il semblait vraiment apeuré. Lilly essaya de détendre l’atmosphère comme elle put, en lui adressant un grand sourire.

Lilly : L’endroit est impressionnant mais je vous rassure, il est sans danger. Alors … ?
Kevin : …Kevin.
Lilly : Kevin. Vous pouvez me parler un peu de votre frère ?
Kevin : Brian était mon petit frère… il…j’ai pas su le protéger…
Lilly : Kevin…ce n’est pas votre faute.
Kevin : Justement si…. Je… A la maison, c’était pas…
Lilly : Il y avait des problèmes ?
Kevin : Mon père…. Il était plutôt du genre …violent…surtout quand il avait bu.

Le jeune homme se tut un instant. Lilly comprit immédiatement ce silence, celui où tous les mauvais souvenirs reviennent vous hanter. Elle se sentit soudain assez proche de Kevin et sa motivation pour reprendre l’enquête n’en fut que plus grande.

Lilly : Prenez votre temps.
Kevin : Ce soir là, il était saoul et…. J’avais 14 ans, Brian en avait 9. Brian voulait aller jouer dehors….à cause de la neige, on était en décembre…mais il faisait nuit alors je lui ai dit qu’il fallait attendre le lendemain…..mais Brian s’est mis à crier et…. J’essayais de le calmer mais…. Mon père s’est levé, il a ouvert la porte et….
Lilly : Il vous a mis dehors ?
Kevin : …juste Brian…

Le jeune homme baissa la tête et des larmes commencèrent à couler sur ses joues. Lilly ne savait pas quoi faire. Elle regardait Kevin quand celui-ci leva la tête et plongea ses yeux embués dans ceux de l’inspectrice. A ce moment là, Lilly fut touchée par le regard désespéré du jeune homme : c’était celui du garçon de 14 ans, seul et désemparé.

Kevin : Je voulais ouvrir la porte et le rejoindre mais….mon père m’en a empêché… il m’a frappé, encore et encore et… C’est seulement une heure après, quand il s’est calmé, que j’ai pu sortir…mais Brian était plus là….Je savais pas où il était allé, je savais pas quoi faire alors j’ai commencé à courir et à crier son nom mais je le voyais pas et…c’est la que j’ai entendu une détonation….Je me suis approché du square où on allait jouer ensemble et c’est là que…
Lilly : Vous l’avez retrouvé…
Kevin (rebaissant la tête) : Il…..il était là, allongé par terre et il y avait cette….cette énorme tache de sang sur son blouson qui n’arrêtait pas de s’agrandir et…je savais pas quoi faire… y avait personne alors… je l’ai prit dans mes bras et…je suis allé jusqu’à la station service…quand les secours sont arrivés, il était trop tard…
Lilly : Je suis désolée.

Kevin tenta de ravaler ses larmes, mais Lilly voyait bien qu’il souffrait encore énormément de la perte de son jeune frère.

Kevin : C’est ma faute… j’aurais dû me battre contre mon père et sortir….
Lilly : Vous n’étiez qu’un gamin…Vous n’auriez pas pu…
Kevin : J’aurais dû essayer….
Lilly : Kevin, ce n’est pas votre faute.

Lilly laissa le jeune homme se calmer et reprendre ses esprits. Cette histoire la touchait profondément et elle voulait pouvoir aider Kevin.

Lilly : Ce soir là au square, vous n’avez vu personne ? Une voiture peut être ?
Kevin : Non…J’étais seul.. il n’y avait que moi et Brian…

Lilly le remercia, et ils sortirent de la salle d’interrogatoire. Lilly le raccompagna jusqu’à l’entrée du service. Kevin plongea une nouvelle fois son regard dans le sien et la remercia d’une voix timide. Lilly ne put rester insensible à tant de vulnérabilité. Elle lui demanda d’attendre une minute et alla chercher une carte professionnelle sur son bureau. Elle prit un stylo, nota quelque chose au dos du petit carton blanc et revint vers Kevin.

Lilly (en lui tendant la carte) : Tenez. C’est ma carte. Il y a mon numéro personnel au dos, si jamais vous vous souvenez de quelque chose ou si vous avez besoin de parler.

Kevin prit la carte timidement et la remercia d’un faible sourire. Il s’éloigna lentement sous le regard de la jeune femme. Lorsqu’elle revint au bureau, Nick ne put s’empêcher de lancer une vanne.

Nick : Alors, c’est qui ce grand ténébreux triste qui t’as tapé dans l’œil ?
Scotty (prenant la défense de sa coéquipière, avec une pointe de jalousie dans la voix) : Nick, fous lui la paix.
Nick : Ouh mais c’est qu’il mordrait ! Tu serais pas jaloux toi ?

Scotty lui lança un regard noir. Jeffries intervint pour détendre l’atmosphère.

Jeffries : On se calme les enfants ! Nick, c’est pas parce que tu perds que Scotty doit en faire les frais.
Nick : Ouais, ben c’est un peu de sa faute quand même.
Jeffries : Allez, on en fait une dernière !

Lilly était passée à côté d’eux sans même remarquer la réplique de Nick, encore chamboulée par l’histoire qu’elle venait d’entendre. Elle ne supportait pas qu’on puisse s’en prendre à des enfants, encore moins de les abandonner. Ca lui rappelait l’enfance qu’elle avait eut. Scotty avait remarqué le trouble de sa coéquipière. Il déclina la partie, ce qui ne fit qu’enrager Nick. Scotty s’approcha de Lilly, assise à son bureau, les yeux dans le vide.

Scotty : Ca va ?
Lilly (surprise) : Euh…oui !
Scotty : Ca a pas l’air. C’est en rapport avec le type qui est venu ?
Lilly : Il veut qu’on réouvre l’enquête sur la mort de son petit frère.
Scotty : Sale histoire ?
Lilly : …ouais…
Scotty : Qu’est ce qui était différent cette fois ?
Lilly : Pardon ?
Scotty : D’habitude tu te mets pas dans des états pareils.
Lilly (évitant le regard de Scotty) : C’est juste que cette affaire m’a rappelé certains mauvais souvenirs.

Scotty comprit que Lilly parlait de son enfance et il ne voulut pas brusquer la jeune femme avec davantage de questions. Il se contenta de poser la main sur l’épaule de Lilly pour lui faire comprendre qu’il était là si elle avait besoin. Elle le regarda avec ses yeux embués et le remercia d’un sourire. Scotty lui rendit et lui proposa de se joindre à la partie de poker pour se changer les idées, ce qu’elle accepta. Il était trop tard pour commencer les recherches et Lilly voulait prendre du recul par rapport à cette affaire.

Deux heures plus tard, la partie s’acheva sur une victoire de Scotty, sous les soupirs de Nick. Tout le monde récupéra ses affaires et chacun s’apprêtait à repartir chez lui. Jeffries et Nick sortirent les premiers, discutant encore de la partie de poker. Se retrouvant seul avec Lilly, Scotty en profita pour s’approcher d’elle. Il savait que Lilly allait ressasser cette histoire jusqu’au lendemain et il ne voulait pas qu’elle rentre en métro, seule et la tête remplie de mauvais souvenirs.

Scotty : Je te ramène ? Je suis en voiture et il pleut à verse dehors.
Lilly : C’est sympa, merci.


Scotty la raccompagna jusque chez elle. Le voyage fut plutôt calme et silencieux, Lilly préférant regarder par la fenêtre. Scotty avait essayé d’amorcer la conversation plusieurs fois mais à chaque tentative, Lilly coupait court et se réfugiait dans le silence. Arrivés devant la maison de sa coéquipière, Scotty essaya une dernière fois de parler à Lilly. Il avait été nerveux et inquiet pendant tout le trajet et ne supportait pas de voir la jeune femme si triste.

Scotty : Ben voilà, on est arrivés.
Lilly : Merci (elle mit la main sur la poignée pour ouvrir la portière).
Scotty : Attends !

Lilly stoppa son geste et se tourna vers lui, légèrement surprise.

Scotty : Ecoute, je sais que tu ne veux pas en parler mais…
Lilly (sur la défensive) : Tu as raison, je n’ai pas envie d’en parler.
Scotty : Je veux juste être certain que tu vas bien.
Lilly (détournant le regard) : Ca va, ne t’inquiète pas.
Scotty : Justement si.

Il avait dit ces mots d’une voix tellement calme et posée que Lilly resta immobile pendant quelques secondes avant de tourner la tête vers son coéquipier. Il avait ce regard à la fois inquiet et plein de tendresse, celui d’un ami sur qui on peut compter à tout moment, à qui on peut tout dire Mais Lilly n’avait pas envie de ressasser ses souvenirs et elle préféra pour toute réponse lui adresser un sourire.

Lilly : Ca va aller Scotty. Merci.

Scotty n’insista pas, il la laissa sortir de la voiture et il la regarda courir sous la pluie jusqu’à l’entrée de sa maison. Après avoir attendu qu’elle entre chez elle, il poussa un soupir et démarra à regret.




Lilly s’était réchauffée et commençait à préparer à dîner. La pluie tombait toujours autant et venait frapper contre les carreaux de la fenêtre, se mêlant à la musique calme qui émanait du poste radio. Lilly avait réussi tant bien que mal à se ressaisir et à oublier son malaise du début de soirée. Soudain, la sonnerie du téléphone retentit. Lilly posa ce qu’elle avait dans les mains et alla décrocher.

Lilly : Allô ?
Voix : …euh…bonsoir..je…j’espère que je ne vous dérange pas…je voulais juste…euh…

Lilly reconnut cette voix timide et anxieuse.

Lilly (surprise) : Kevin ?
Voix : euh…oui…c’est Kevin, je….vous m’aviez donné votre numéro et je….
Lilly : Euh, bien sûr. Qu’est ce que je peux faire pour vous ?
Voix : Je….j’étais à la maison et…je repensais à Brian, à ce qui s’était passé et…on l’aura jamais hein ? …Le gars qui a fait ça… on pourra jamais…
Lilly : Kevin, essayez de vous calmer, d’accord ? Je réouvre l’enquête dès demain matin. Je vous promets de tout faire pour savoir ce qui s’est passé.
Voix (de plus en plus désespérée): ça sert à rien….c’est…c’est trop tard….je… j’aurais jamais dû vous appeler.. je suis désolé..

Lilly commençait sérieusement à s’inquiéter. La voix de Kevin était différente, comme si il avait perdu tout espoir, ce qui n’était pas très rassurant vu l’attachement de Kevin envers son frère. Il se sentait responsable et Lilly avait peur qu’il commette l’irréparable.

Lilly : Kevin, où êtes vous ?
Voix : Je….je sais pas…j’ai marché, je sais pas trop où je suis.. Je suis sur un pont, y a de l’eau en bas…
Lilly (de plus en plus inquiète) : Ecoutez Kevin, surtout vous ne faites rien de stupide, d’accord ?
Voix : …quelle différence ça ferait hein ?...de toute façon, il est trop tard…
Lilly : Kevin ! Je veux que vous m’écoutiez attentivement ! Vous allez revenir sur vos pas et trouvez le premier nom de route que vous pouvez.
Voix : …à quoi ça sert ?...
Lilly : Je vais venir vous chercher, d’accord ?
Voix : ..d’accord…ya…ya un panneau là..

Kevin lui donna le nom de la rue ; elle se trouvait à quelques blocs de chez Lilly. Celle-ci lui demanda encore une fois de ne pas faire de bêtises et de l’attendre. Elle raccrocha, prit son manteau et sortit.



La pluie tombait sans s’arrêter. Au volant de sa voiture, Lilly priait pour que Kevin soir resté raisonnable. Elle arriva à l’endroit donné et aperçut une silhouette assise sur le bord de la route. Elle descendit de voiture et s’approcha lentement. Kevin était recroquevillé sur lui-même, trempé jusqu’au os. Il grelottait de froid et n’entendit même pas l’inspectrice qui l’appelait. Lilly s’accroupit près de lui et essaya de faire réagir le jeune homme.

Lilly : Kevin ? Venez, ne restez pas sous la pluie, vous allez attraper froid.

Devant l’immobilisme du jeune homme, Lilly se releva doucement en le soutenant par le bras. Il se laissa faire et se leva également. Elle le fit monter dans sa voiture et se mit au volant.

Lilly : C’est bien que vous m’ayez attendu.
Kevin : Je suis désolé.
Lilly (surprise) : Pourquoi ?
Kevin : Pour ça.

Kevin sortit soudain une arme de sa poche et frappa Lilly à la tête avec la crosse. Celle-ci n’ayant pas vu le coup venir, elle perdit connaissance immédiatement.

Kevin sortit de la voiture, ouvrit la portière arrière puis revint vers Lilly. Il la prit dans ses bras et l’allongea sur la banquette arrière. Il vérifia qu’elle ne portait pas d’arme et saisit son portable, qu’il rangea dans sa poche. Puis il se mit au volant et démarra en trombe.


Dernière édition par le Dim 3 Fév - 21:06, édité 1 fois
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littleangel



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MessageSujet: Re: Douloureuses retombées (terminée)   Dim 3 Fév - 20:55

Lilly reprit peu à peu connaissance. Le choc avait été violent, mais Kevin lui avait administré un tranquillisant qui avait prolongé son état d’inconscience. Elle sentait quelques mèches de cheveux collés sur sa joue par le sang coulé de sa plaie. Kevin avait frappé au niveau de la tempe droite et lui avait profondément entaillé le front. La douleur était diffuse, et se répandait dans toute sa tête, lui donnant l’impression d’une énorme migraine. Lorsqu’elle reprit enfin ses esprits, elle réalisa qu’elle était attachée sur une chaise, les mains dans le dos. Elle regarda autour d’elle, essayant de comprendre où elle pouvait bien se trouver. L’endroit ressemblait à une cave, vide : humide, sombre, une pièce presque entièrement dénudée. Quelques outils traînaient sur un plan de travail en bois, recouvert de poussière. Des tuyaux crasseux parcouraient le plafond et tombaient le long d’un mur, dans un coin, près d’un escalier en bois. Il n’y avait aucun bruit, excepté celui des gouttes d’eau qui venaient s’écraser contre le sol bitumé. Lilly se rendit compte soudain qu’elle avait froid. Kevin lui avait enlevé son manteau et sa veste, la laissant en chemise. Elle regarda le col de celle-ci, taché de rouge et commença à comprendre ce qui s’était passé. Un bruit de porte, des pas. Lilly commença à paniquer. C’est alors que Kevin apparu devant elle. Lilly ne le reconnu pas tout de suite, tellement il avait changé. Elle avait devant elle un homme habillé de noir, l’air sûr de lui, un léger sourire aux lèvres. Son regard était transformé : la tristesse et la vulnérabilité avaient fait place à la dureté et la perversité. Cet homme n’avait rien du jeune homme paumé qu’elle avait ramassé au bord de la route quelques heures plus tôt.

Kevin (d’une voix sèche) : Réveillée ?
Lilly (encore un peu sonnée) : Kevin, qu’est ce que….
« Kevin » (lui coupant la parole) : Kevin n’existe pas. Il n’a jamais existé. Pas plus que Brian d’ailleurs.
Lilly : …quoi ?
« Kevin » : Ca a été tellement facile Lilly.
Lilly : Je ne comprends pas…
« Kevin » : Une histoire si triste, qui vous rappelait une part de votre enfance…

Lilly comprit qu’elle s’était fait berner. Il avait si bien joué son rôle qu’elle pensait vraiment qu’il était désespéré.

Lilly : Vous voulez quoi ?
« Kevin » : Vous.

Il avait dit ça d’un ton si glacial que Lilly sentit un frisson parcourir son corps. Lilly savait qu’il ne fallait pas qu’elle montre qu’elle paniquait. Elle essaya de se ressaisir et fixa l’homme droit dans les yeux.

Lilly (sèchement) : Pourquoi ?

« Kevin » sourit, et prit une chaise en bois qui traînait dans un coin de la pièce. Il s’approcha de Lilly et posa s’assit en face d’elle, les bras posés sur le dossier de la chaise.

« Kevin » : Je vais vous raconter une histoire. Vraie cette fois.

Lilly resta silencieuse. Elle se disait que si elle le laissait parler, elle pourrait gagner du temps et qui sait…

« Kevin » : Il était une fois un jeune garçon nommé Aaron. Il venait de fêter son 18ème anniversaire, c’était un gamin plein de joie et de bonne humeur. Il travaillait dur à l’université, mais ce qu’il aimait par-dessus tout c’était le base ball. Aaron jouait dans l’équipe universitaire, il était plutôt doué.

Lilly observait « Kevin » raconter son histoire. Il parlait d’un air détendu, tranquille. Mais son attitude changea soudain.

« Kevin » : Mais un soir, alors qu’il fêtait une victoire dans un bar avec ses potes…

« Kevin » baissa la tête, il sentait la colère monter en lui de plus en plus, et continua de parler, la mâchoire serrée.

« Kevin » : Ils avaient tous un peu trop bu. Des gars de l’équipe adverse sont entrés dans le bar pour chercher la bagarre. Ils ont pas attendu longtemps… Les insultes pleuvaient et les coups ont commencés… Dans la bagarre, un jeune de l’équipe adverse y a laissé la vie.

Lilly l’interrompu soudain : Qu’est ce que ça à avoir avec moi ?

« Kevin » releva la tête brutalement et plongea son regard haineux dans celui de Lilly.

« Kevin » : Le gamin qui avait le couteau dans la main, c’était Aaron. Un cran d’arrêt que son père lui avait offert pour son anniversaire. Tout le monde est sorti du bar. Ils ont emmenés le gars avec eux, il est mort avant d’arriver à l’hôpital. Personne ne savait ce qui s’était vraiment passé ce soir là. Ils ont classé l’affaire assez vite, accident dans une bagarre. Mais deux ans plus tard, il a fallu que quelqu’un réouvre l’enquête…

« Kevin » s’était levé sur cette dernière phrase. Il tournait en rond dans la pièce, pour essayer de contenir sa colère. Lilly commençait à comprendre quel lien elle pouvait avoir avec Aaron.

Lilly :Moi.
Kevin : Oui vous ! Vous êtes venue fouiner avec votre équipe et Aaron a été arrêté pour homicide involontaire. J’avais avoué à sa place, j’avais tout fait pour que vous m’embarquiez…Mais non, vous avez découvert que c’était Aaron qui tenait le couteau et pas moi !

Lilly chercha dans ses souvenirs et soudain elle se rappela l’affaire Fersen : Aaron Fersen avait été arrêté pour le meurtre de Jeff Bridges, et son frère Zachary avait tout fait pour porter la responsabilité du crime.

Lilly : Zachary Fersen…
Zachary : Bravo inspecteur ! Vous vous souvenez de mon nom !
Lilly : Pourquoi vous faites ça ?
Zachary : Pourquoi ? POURQUOI ?

Zach s’était soudain rapproché de Lilly et lui avait crié au visage. Celle-ci était tétanisée. Le visage de Zach n’était qu’à quelques centimètres du sien, elle sentait toute la haine et la colère que le jeune homme éprouvait à son égard.

Zach (en colère) : Il avait que 19 ans… Il a tenu un an en taule, à se faire humilier et tabasser tous les jours. Vous m’aviez moi, j’aurais pu tenir la bas, mais pas lui, il était trop faible… Mais non, vous deviez faire votre devoir, hein, inspecteur Rush ! Alors qu’est ce que ça peut faire qu’un gosse se pende dans sa cellule parce qu’il n’a plus envie de se faire massacrer par les autres détenus ? Vous en avez rien à foutre, vous avez fait votre job, c’est ça ?

Zach recula d’un pas Lilly avait les larmes aux yeux, pas parce qu’elle était triste mais parce qu’elle avait peur et qu’elle commençait sérieusement à fatiguer.

Lilly (d’une voix faible) : Je suis désolée…
Zach : Vous êtes quoi ? J’entends pas.
Lilly : Je suis désolée.

Le coup fut tellement fort que Lilly tomba de sa chaise et termina allongée sur le sol. Zach lui avait lancé un violent coup de poing au visage, laissant exploser toute sa colère

Zach : T’ES DESOLEE ? MAIS QUE CE QUE J’EN A FOUTRE QUE TU SOIS DESOLEE ?

Il prit la chaise sur laquelle il était assis plus tôt et l’envoya se briser contre un mur. Il fulminait de rage, faisant les cent pas. Lilly sentit le goût du sang dans sa bouche. Le coup lui avait ouvert la lèvre inférieure, et elle saignait. Zach se retourna vers Lilly et s’approcha d’elle lentement. Il s’accroupit et semblait s’être calmé. Il regarda Lilly dans les yeux, et approcha son visage du sien.

Zach (presque en chuchotant) : Tu vas souffrir autant que lui. Et tu sais ce qui est le plus marrant ? Personne ne viendra t’aider. Tu vas mourir seule, comme lui.

Il se releva, monta mes escaliers et éteignit la lumière.

Zach : A toute à l’heure Lilly.

Lilly entendit la porte se refermer. Elle avait essayé de garder son sang froid le plus possible, mais à ce moment là, dans l’obscurité, elle réalisa qu’elle était complètement seule. Personne ne savait où elle était, elle ne le savait pas elle-même. Ses collègues ne remarqueraient son absence que le lendemain, ce qui la laissait en compagnie de Zach toute la nuit, voire plus longtemps. Epuisée et terrifiée, elle se mit a sangloter, se recroquevillant sur elle-même.


Et puis non. Elle n’allait pas se laisser faire comme ça. Il fallait qu’elle s’en sorte. Elle ne pouvait compter que sur elle-même ? Très bien. Une fois calmée, Lilly réussit à passer ses bras sous ses jambes, au prix d’un petit exercice de contorsion, ce qui lui permit de se retrouver les mains devant elle Elle se releva doucement. Un léger malaise. Sa tête tournait encore un peu, mais elle réussit à se maintenir sur ses deux jambes. Elle scruta à travers l’obscurité et aperçut au sol un morceau de la chaise que Zach avait fracassé sur le mur.
Ce morceau était suffisamment solide et grand pour servir de matraque. Elle ramassa son arme de fortune et se planqua sous l’escalier. Son plan était simple. Attendre que Zach revienne, et l’assommer assez pour prendre la fuite. Elle patienta une dizaine de minutes dans le noir et entendit la porte grincer. La lumière s’alluma.

Zach descendit les marches une à une, sans se douter de ce qui l’attendait. Il arriva en bas de l’escalier et réalisa que Lilly avait disparue. Surpris, il avança de quelques pas et tourna la tête vers le fond de la pièce qui était dans l’ombre. Lilly profita de ce moment d’inattention pour surgir de sa cachette et assena un violent coup sur la tête du jeune homme, qui s’écroula aussitôt, en poussant un cri. Lilly resta quelques secondes tétanisée puis commença à se précipiter vers les escaliers. Sa tête tournait encore mais l’envie d’échapper était plus forte et la maintenait éveillée. Elle commença à monter les marches rapidement quand quelque chose la fit basculer en avant. Zach s’était relevé et avait saisit les chevilles de la jeune femme. Il tira d’un coup sec et Lilly s’affala de tout son long dans les escaliers. Zach se redressa, la prit par les épaules et la jeta sur le sol. Lilly tomba lourdement, et n’eut même pas la force de se relever. Zach s’approcha d’elle, encore haletant, et saisit l’arme qu’il avait à la ceinture. Lilly le regarda avancer avec terreur, persuadée qu’il allait la tuer. Zach regarda le jeune femme au sol, qui tremblait de tout son être. Il leva le canon de son arme vers la tête de Lilly, et la fixa dans les yeux quelques secondes. Le canon descendit rapidement et Zach tira dans la jambe gauche de la jeune femme. Lilly hurla de douleur.

Zach : Ca te passera l’envie de t’échapper.

Il tourna les talons et remonta les escaliers, en n’oubliant pas de fermer la lumière. Lilly gisait au sol, et elle perdit bientôt connaissance.

10h .Le lendemain matin, au central, tout le monde fut surpris par l’absence de Lilly. Elle qui n’arrivait jamais en retard… Et déjà plus de deux heures de retard…Scotty était inquiet, il avait laissé plusieurs messages sur son portable, sans réponse.

Scotty (raccrochant pour la quatrième fois) : C’est pas normal. Y a quelque chose qui cloche.
Jeffries : Peut être qu’elle est simplement malade ? T’as essayé don fixe ?
Scotty : Ca répond pas non plus.
Nick : Peut être qu’elle veut pas répondre…
Scotty : Hein ?
Nick : bah, p’têtre qu’elle veut pas être dérangée ?
Jeffries : De quoi tu parles là ?
Nick : Elle est peut être pas toute seule !
Scotty (ignorant la remarque de Nick) : Je l’ai ramené chez elle hier, elle avait l’air d’aller bien.
Nick : T’as pas croisé le grand ténébreux ?

Scotty lui jeta un regard noir. Il était vraiment inquiet et la remarque de Nick le mit dans une colère insensée.

Scotty : Tu la fermes Nick !

Tout le monde fut surpris de l’attitude de Scotty. Il faut dire qu’il avait passé la nuit à s’inquiéter à propos de Lilly, suite à leur discussion dans la voiture, et qu’il était épuisé et avait les nerfs à fleur de peau.

Scotty (plus calme) : Désolé…Je…J’ai pas bien dormi…
Jeffries : Ca va Scotty, c’est pas grave.
Nick : Ouais, oublie…


Stillman entra dans le bureau à ce moment là. Il regarda tour à tour ses agents et fronça les sourcils.

Stillman : Lilly n’est toujours pas là ?
Jeffries (voyant que Scotty se rongeait encore les sangs) : Scotty l’a appelé plusieurs fois mais pas de réponses.
Stillman (nerveux) : J’aime pas trop ça. Vera, Jeffries, allez faire un tour chez elle.
Nick : On y va chef !

Scotty les regarda partir et composa à nouveau le numéro de Lilly, sous le regard inquiet de Stillman.

Scotty : Lilly, c’est Scotty. C’est le cinquième message que je te laisse. On commence vraiment à s’inquiéter. Rappelle moi s’il te plait.

Il raccrocha. Stillman s’approcha de lui, il était aussi angoissé que Scotty mais arrivait à se maîtriser et ne laissait rien transparaître.

Stillman : Quand est ce que vous l’avez vu pour la dernière fois ?
Scotty : Hier soir. Je l’ai ramené chez elle. Elle était pas très bien à cause d’une affaire.
Stillman : Je croyais qu’on n’avait pas d’affaire en cours ?
Scotty : En fait, hier un type est venu au bureau. Lilly l’a emmené dans une salle d’interrogatoire et ils ont discuté pendant une bonne demie heure. Je ne sais pas exactement ce qu’il lui a dit mais ça l’a chamboulé. J’ai essayé d’en savoir plus, elle m’a juste dit que c’était une histoire assez sordide et qu’elle s’en occuperait aujourd’hui.
Stillman : Chamboulé à quel point ?
Scotty : Elle était juste… Je sais pas… ça lui a rappelé son enfance je crois.
Stillman : C’était qui ce type ?
Scotty : J’en sais rien. Je l’avais jamais vu, et elle a pas mentionné son nom. Pourquoi ? Vous pensez qu’il est lié à … ?
Stillman : Je ne sais pas Scotty. Prévenez moi quand Jeffries et Nick vous auront appelés.
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MessageSujet: Re: Douloureuses retombées (terminée)   Dim 3 Fév - 20:56

10h30. Nick et Jeffries venaient d’arriver chez Lilly. Sa voiture n’était pas dehors et personne ne répondait chez elle. Jeffries frappa encore une fois à la porte, sans succès.

Nick : Elle a pas l’air d’être là. Peut être qu’elle a juste prit un jour de repos sans prévenir ?
Jeffries : C’est pas son genre. Et puis, y a un truc qui cloche, regarde.
Nick : Quoi ?
Jeffries : La lumière de la cuisine est allumée.
Nick : Elle a peut être oublier de l’éteindre ?
Jeffries : Ca fait beaucoup d’oublis je trouve.

Jeffries se décala vers la fenêtre et essaya de regarder au travers. Tout semblait calme. Pourtant, il remarqua quelque chose d’étrange.

Jeffries :Nick, Lilly a pas de caméra chez elle, si ?
Nick : Euh non, je crois pas. Pourquoi ?
Jeffries : Parce qu’il y en a une branchée à la télévision, qui en plus est allumée.
Nick : Là ça devient vraiment bizarre…

Jeffries et Nick décidèrent d’entrer en force. Tant pis s’ils devaient fracturer la porte de Lilly, même s’ils avaient tort et si elle était là, ils préféraient prendre le risque d’entrer, quitte à se faire engueuler après. Jeffries entra le premier, arme au poing. Le bruit avait fait peur aux chats, qui s’étaient réfugiés sous la table de la cuisine.

Jeffries : C’est quoi ça ?

Jeffries s’approcha de la table basse. Sous la caméra, une enveloppe adressée « aux inspecteurs de la criminelle ». Jeffries l’ouvrit et sortit une lettre qu’il commença à lire.
Nick s’était approché et regardait autour de lui, quand il remarqua une tâche sur le canapé.

Nick : Merde…on dirait du sang…

Jeffries déposa la lettre et appuya sur le bouton « play » de la caméra. Ce qu’il vit à l’écran le fit pâlir.




10h45 Lorsqu’elle se réveilla, Lilly était toujours dans la cave, assise sur une autre chaise. Zach avait pris soin d’en choisir une avec accoudoirs, ce qui lui avait permis d’attacher les poignets de Lilly sur chacun d’entre eux, avec du chatterton. Lilly se sentait affaiblie, elle n’avait rien mangé ni bu depuis la veille à midi, et sa blessure à la cuisse lui avait fait perdre pas mal de sang. Zach entra dans la pièce, un verre d’eau dans une main, une clope dans l’autre. Il se plaça en face de Lilly et but son verre d’une traite puis le laissa tomber par terre.

Zach : Ah pardon ! Tu en voulais, peut être ?

Lilly n’avait ni la force ni l’envie de rentrer dans son jeu et s’abstint de répondre. Elle ne leva même pas la tête vers lui.

Zach : Au fait, c’est qui Scotty ?

En entendant ce nom, le sang de Lily ne fit q’un tour. Elle releva la tête et vit Zach qui tenait son portable à la main.

Zach : Il doit tenir à toi, ça fait 5 fois qu’il essaie d’appeler.

Lilly voulut rétorquer mais elle était trop fatiguée, et elle craignait une réaction violente de Zach si elle l’agressait verbalement. Elle se contenta de le fixer avec des yeux noirs.

Zach : Petit copain ? Ami ?
Lilly : C’est mon coéquipier…
Zach :Ca tombe bien, je voulais lui parler.

Zach appuya sur la touche rappel et attendit, en ne lâchant pas Lilly des yeux.

Zach : Tu dis un mot, il meurt aussi.





Le portable de Scotty sonna. Scotty vit le nom de Lilly s’afficher sur l’écran et décrocha précipitamment.

Scotty (affolé) : Lilly ???
Voix : Malheureusement pas.

Stillman, qui était à côté de Scotty, le vit soudain devenir blanc comme un linge.

Scotty : Où est elle ?

Stillman comprit immédiatement ce qui se jouait. Au même moment, la sonnerie de son portable se fit entendre. Il s’éloigna de quelques pas, ne lâchant pas Scotty du regard.

Voix : Pas de panique Scotty.
Scotty (criant presque) : Où est ce qu’elle est ?
Voix : Allons Scotty, ce n’est pas une façon de parler à l’homme qui retient votre copine quelque part.
Scotty (serrant les dents) : Vous la touchez, je vous tue.
Voix : Oups…trop tard…
Scotty (criant): Espèce d’enfoiré !
Voix : Vous avez trouvez la vidéo ?
Scotty (inquiet): Quoi ?? De quoi vous parlez ? Quelle vidéo ?

Stillman qui venait de finir sa conversation téléphonique avec Jeffries, avait entendu la question de Scotty. Il jeta à Scotty un regard lourd de sens.
Stillman : Jeffries et Nick ont trouvé une vidéo chez Lilly. On la voit avec son kidnappeur.

Scotty sentait dans la voix de Stillman que celui-ci ne lui disait pas tout.

Voix : Alors ? Vous l’avez ?
Scotty : Oui.
Voix : Bien….
Scotty : Je veux lui parler.
Voix : Pardon ?
Scotty : Je veux parler à Lilly.
Voix : Oh…attendez une seconde….


Zach s’approcha de Lilly. Il lui mit l’appareil près de l’oreille et lui fit signe de parler.

Lilly (voix faible) : …Scotty… ?
Scotty (soulagé) : Lilly !! Est ce que ça va ?
Lilly : Ca peut aller, je… Aaaaaaaaahhhh !

Scotty entra dans une colère noire en entendant le cri de douleur de Lilly. Zach venait de lui écraser sa cigarette sur l’épaule.

Scotty : LILLY !!
Voix : Fin de la discussion.

La communication coupa. Scotty était encore sous le choc. Le cri de Lilly... c’était comme si on lui avait arraché le cœur. De rage, il prit une chaise et la lança contre une paroi vitrée qui se brisa en mille morceaux. Stillman se précipita vers lui et le saisit violemment par les épaules.

Stillman : SCOTTY ! CALMEZ VOUS BON DIEU !

Il avait dit ça tellement fort que Scotty se calma immédiatement. Il savait ce qu’éprouvait Scotty, il sentait la même chose bouillonner au fond de lui. Mais il ne pouvait tolérer un comportement pareil.

Stillman (énervé) : Nom de Dieu Scotty, reprenez vous ! Je sais que c’est dur, j’en souffre aussi ! Mais si on se laisse aller à nos émotions, on ne la sauvera jamais !

Scotty reprit sa respiration petit à petit, et Stillman le lâcha au bout de quelques secondes.

Scotty : Ca va chef… C’est bon…


10h52. Jeffries et Nick arrivèrent quelques minutes plus tard. Jeffries fut surprit par le verre éparpillé au sol et se demanda bien ce qui avait pu se passer. Scotty était à son bureau, la tête dans les mains et essayait de garder son calme.

Nick : C’est quoi ce foutoir ?
Stillman : Vous avez la cassette ?
Jeffries : Je l’ai. Qu’est ce qui s’est passé ici ?
Stillman : Scotty a reçu un appel de notre kidnappeur.
Jeffries (inquiet): Lilly ?
Stillman : Elle est en vie.
Jeffries : Pour l’instant.

Scotty ne fit qu’un bond en entendant cette remarque.

Scotty : Ca veut dire quoi ?
Jeffries (à Stillman) : Il faut que vous regardiez ça.

Jeffries lui tendit la caméra. Stillman la prit et lança la vidéo. Scotty s’approcha de son supérieur pour regarder l’écran.

Nick : Scotty, tu devrais peut être pas regarder.

Les images montraient l’appartement de Lilly. Elles avaient été filmées peu de temps après son enlèvement. La caméra avança et on découvrit Lilly, la tête en sang, assise sur son canapé. Elle avait les mains liées, un morceau de scotch sur la couche l’empêchait de parler.. Scotty sentit un frisson lui parcourir le corps. Voir Lilly aussi vulnérable et aux mains de ce malade le mettait dans un état de rage incroyable. Il essaya de se calmer pour ne pas se faire sortir de la salle. La caméra se retourna vers celui qui la tenait.
Stillman et Scotty découvrir le visage du kidnappeur. Scotty reconnu immédiatement le jeune paumé de la veille.

Scotty : C’est le type d’hier !


Zach (face caméra, en GP) : Au moment où vous verrez cette vidéo, votre charmante collègue et moi seront déjà loin. Alors inutile de faire bloquer les routes ou je ne sais quoi. D’ailleurs, je vais vous mâcher le travail, je vais vous vous dire où nous sommes actuellement. Mais pour ça, il va falloir suivre mes indications à la lettre. Un seul faux pas, elle trinque. Vous essayez de me doubler, je la tue. Je me suis bien fait comprendre ?
Bien. Voilà ce que vous allez faire. Vous allez porter une mallette contenant 100 000 dollars et l’apporter au Grinsom’s Bar à New Castle, et vous la remettrez au propriétaire. C’est lui qui tient le bar. Une fois que vous lui aurez remis l’argent, vous m’appellerez de là bas et je vous donnerais l’adresse où nous trouver. C’est plutôt simple, non ?

La caméra se tourna vers Lilly. Quelques larmes coulaient le long de ses joues, elle semblait terrifiée. Son regard se posa sur quelque chose qui semblait approcher. Une seringue apparut à l’écran. L’aiguille s’enfonça lentement dans le cou de la jeune femme, qui poussa un cri étouffé. Scotty se retint d’exploser de colère et serra la mâchoire.

Voix : Rappelez vous. Vous faites un seul geste de travers, elle y passe.

La seringue vidée, il retira l’aiguille doucement. Lilly regardait l’objectif et ses yeux se fermèrent peu à peu, la laissant sombrer dans l’inconscience.

Voix : Aujourd’hui, 17h, Grinsom’s Bar, New castle.

La vidéo s’arrêta. Stillman était resté de marbre tout au long des images. Il savait que si il montrait à quel point ça l’affectait, son équipe ne pourrait plus faire face. Il fallait qu’il soit fort. Il referma l’écran de la caméra et la posa sur le bureau. Il y eu un lourd silence. Scotty ne put contenir ses émotions plus longtemps. Il partit en direction des toilettes à grands pas. Jeffries et Nick n’avaient pas regardé la vidéo. L’avoir vu une fois était déjà suffisant.
Stillman se décidé à rompre le silence.

Stillman : On a pas le choix. Il faut faire ce qu’il dit. C’est trop risqué de tenter quoi que ce soit maintenant, ça mettrait la vie de Lilly en danger. Jeffries, essayez d’identifier l’homme sur cette vidéo. Si on a de la chance, il sera fiché. Vera, lancez la recherche pour la voiture de Lilly. Il l’a peut être gardé.

Jeffries et Nick s’exécutèrent. Ne voyant pas Scotty revenir, Stillman décida d’aller voir.
Lorsqu’il entra dans les toilettes, il découvrit Scotty face au miroir, appuyé sur le rebord du lavabo. Il remarqua le poing rougi du jeune homme et se douta de ce qui avait pu se passer.

Stillman : Vous vous êtes défoulé, c’est bon ?
Scotty : Désolé…J’avais besoin de…
Stillman : Ecoutez Scotty, si vous ne voulez pas que je vous écarte de cette affaire…
Scotty : Quoi ???
Stillman : Votre comportement pourrait tous nous faire tuer ! Y compris Lilly !

Stillman vit des larmes couler sur les joues du jeune inspecteur. La carapace était tombée, Scotty ne pouvait plus cacher à quel point il tenait à Lilly.

Scotty (la voix cassée) : S’il lui arrivait quelque chose, je….
Stillman : On va tout faire pour la sauver. Mais pour ça, j’ai besoin de votre aide et de tout votre professionnalisme.
Scotty (s’essuyant les joues d’un revers de manche) : C’est bon…Je suis avec vous chef.



11h15. Zach regardait Lilly, épuisée. Elle devenait de plus en plus pâle car sa blessure à la cuisse lui faisait perdre beaucoup de sang. Cela semblait contrarier Zach. Il remonta à l’étage et redescendit quelques minutes plus tard, un morceau de tissu à la main. Il s’approcha de Lilly, qui eut un mouvement de recul.

Zach : T’inquiète pas, je veux juste que tu ne meurs pas tout de suite. Finalement tu vas pas mourir seule. Ce serait dommage que tes collègues ne puissent assister à ta mort !

Zach prit le morceau de tissu et le déplia (ça ressemblait à un vieux T-Shirt). Il le déchira en longueur, et s’accroupit près de la jeune femme.

Zach : Faudrait pas que tu te vide de ton sang…

Zach entoura la cuisse de Lilly avec la bande de tissu, prenant bien le temps de serrer aussi fort qu’il pouvait, ce qui faisait grimacer Lilly à chaque fois.

Zach : Voila ! Bon, maintenant faut que tu reprennes des forces ! Je vais voir ce que je peux te trouver. Tu bouges pas hein ?

Il lui dit cette phrase ne lui tapotant la joue, comme s’il donnait un ordre à une gamine. Lilly essayait de garder son calme mais elle n’était plus franchement en état de lutter. Elle savait qu’elle ne s’en sortirait probablement pas vivante, et le fait que Zach fasse tout pour la maintenir en vie juste pour la tuer sous les yeux de ses collègues la faisait paniquer encore plus.

Zach revint avec un verre de jus d’orange et quelques gâteaux. Il s’approcha de Lilly, le sourire aux lèvres. Celle-ci ne leva même pas la tête lorsqu’il s’arrêta en face d’elle.

Zach : Allez Lilly, c’est l’heure de manger !

Il approcha le verre des lèvres de la jeune femme, mais Lilly resta bouche fermée. A quoi bon reprendre des forces alors qu’elle savait qu’elle allait mourir ? Ce refus ne fut pas du goût du kidnappeur. Il baissa le verre en poussant un soupir, posa les gâteaux sur le plan de travail et se rapprocha encore plus de Lilly.

Zach : Si tu n’y mets pas un peu de bonne volonté, je vais être obligé d’employer la force…

Lilly le regarda droit dans les yeux, comme pour le défier une dernière fois. Elle savait ce qu’elle risquait mais elle s’en fichait. Pourvu qu’il n’ait pas entièrement le contrôle sur elle, c’est ça qui importait. Zach sourit à cet affront.

Zach : Ah Lilly, Lilly…. Toujours aussi têtue hein ? Allez, je te le redemande une dernière fois : ouvres la bouche et avale ça.

Il lui tendit le verre et elle détourna la tête. Il la saisit violemment par les cheveux et tira sa tête en arrière. Lilly ne put s’empêcher de laisser s’échapper un cri. Zach en profita pour lui verser le contenu du verre dans la gorge. Lilly s’étouffa à moitié. Il lâcha son emprise et prit les gâteaux. Lilly toussa encore. Il s’approcha de nouveau de la jeune femme.

Zach : Les gâteaux ça va être moins facile si tu refuses…

Lilly se résigna et ouvrit la bouche lorsque Zach approcha une sorte de petite brioche. Elle mâchait lentement, sa mâchoire lui faisait encore mal. Elle déglutit avec peine et regarda Zach dans les yeux. Elle le haïssait, elle aurait voulu le tuer, si seulement elle pouvait se libérer.

Zach : Ben tu vois quand tu veux…

Lilly mangea encore une ou deux brioches, sous le regard triomphant de Zach. Il réussit à lui faire avaler un verre d’eau, et une fois finit, il se leva et le posa sur l’établi. Il prit l’ancienne chaise de Lilly (celle sur laquelle elle était assise au départ, sans les accoudoirs), et se planta devant elle, le sourire aux lèvres.

Zach : Tu sais que si me plait le plus ? C’est de savoir que tes collègues vont suivre mes consignes à la lettre sans se douter que plus ils mettront de temps à arriver, plus je te ferais souffrir. Ce qui m’intéresse, c’est lorsqu’ils passeront ce coup de fil, ils seront à des dizaines de kilomètres d’ici. Et c’est là que je lancerais le compte à rebours !
Lilly (terrifiée) : Quel compte à rebours ?
Zach (d’un air machiavélique) : Tu le sauras bien assez tôt.

Sur ce, il se leva et abandonna Lilly dans la cave.
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MessageSujet: Re: Douloureuses retombées (terminée)   Dim 3 Fév - 20:57

13h 48. Pendant ce temps là au central, tout le monde était sur le qui vive. La recherche de la voiture de Lilly n’avait rien donné, on l’avait juste retrouvée sur le bas côté d’une nationale. Autant dire qu’ils pouvaient être n’importe où. Jeffries avait cherché dans les fichiers de police, sans succès. Stillman avait passé quelques coups de fils et avaient obtenu la somme d’argent ainsi que le soutien des forces d’intervention. Scotty avait tenté de localiser le portable de Lilly, mais Zach avait prit soin de brouiller le signal. Jeffries remonta soudain des archives, un dossier à la main. A force de tourner en rond, il avait décidé de fouiller dans les affaires les plus récentes, espérant trouver quelque chose.

Jeffries (arrivant en courant) : Je l’ai !

Tous ses collègues se retournèrent et s’approchèrent rapidement.

Scotty : T’as quoi ???
Jeffries : Le gars… Il s’appelle Zachary Fersen…C’était une affaire de l’année dernière.
Nick : Et le gars est sorti de taule aussi vite ?
Jeffries : C’est pas lui que Lilly a arrêté, mais son frère Aaron.

Scotty prit le dossier des mains de Jeffries. Il y avait une photo des deux frères côte à côte, deux blonds aux cheveux un peu longs.

Scotty : T’es sûr que c’est lui ?
Jeffries : J’ai eu du mal à le reconnaître aussi. Il s’est teint et coupé les cheveux, il a maigrit, mais regarde la cicatrice qu’il a sur le front…
Scotty : Ouais, c’est bien ce salopard…

Stillman débarqua dans le bureau à ce moment là. Jeffries lui fit part de ses découvertes, ce qui pour un temps, le rassura. Au moins ils savaient à qui ils avaient à faire.

Stillman : Faites des recherches sur lui. Je veux tout savoir, s’il a de la famille, ce qu’il fait dans la vie, interroger ses amis qu’on sache à quel type de malade on a à faire.
Scotty : Chef, il est bientôt 14h.
Stillman : Alors il nous reste un peu plus de trois heures pour découvrir qui il est et coincer ce salopard.

14h45. Lilly était plongée dans le noir, seule. Zach était remonté et il n’y avait plus aucun bruit. On aurait dit que la maison était vide. Elle avait reprit connaissance après plus d’une demie heure d’inconscience. Même si Zach avait ralenti l’hémorragie, la cuisse de Lilly continuait de saigner, et Lilly était épuisée. Ce silence et l’obscurité qui l’entouraient avaient complètement altéré son rapport au temps. Elle ne savait pas depuis quand exactement elle était là, et les minutes qui passaient semblaient interminables.
Elle entendit soudain la porte grincer. La lumière s’alluma, ce qui l’éblouit un instant. Zach descendit lentement les escaliers, tenant quelque chose dans les mains.
Il posa l’objet sur l’établi et se tourna vers Lilly, lui faisant un grand sourire.

Zach : Je me demandais comment te rendre le séjour encore plus agréable…

Zach se retourna vers l’établi. Lilly entendit soudain un tic tac régulier. Qu’est ce que ce malade avait pu inventer ? Zach se retourna et laissa apparaître l’objet : il avait lancé un métronome. Les battements secs emplirent la pièce.

Zach : C’est pour te tenir éveillée. Ce serait dommage que tu ne profites pas de ce si bel endroit !

Il sortit de la pièce, éteignant la lumière. Lilly se retrouva seule dans le noir, le tic tac incessant du métronome tambourinant dans sa tête. Au bout de quelques minutes, ce bruit l’avait rendue complètement nerveuse. Impossible de fermer les yeux et de se reposer. Ce dingue voulait l’épuiser, la tuer à petit feu, la rendre folle. Et il commençait à parvenir à ses fins.

15h55 . Chacun avait prit un morceau du dossier et avait commencé à passer des coups de fils. Famille, amis, voisins, tous les témoignages étaient bons pour glaner ne serait ce qu’une information sur le kidnappeur. Jeffries fit chou blanc avec la famille, la mère était décédée et le père parti à l’étranger. Nick réussit à avoir quelques infos du coté des voisins de la famille. Scotty s’était chargé de contacter l’ancienne petite amie.

Stillman : Alors, qu’est ce qu’on a ?
Jeffries : Rien du côté de la famille.
Nick : Ces voisins de l’époque disent que c’était un brave gosse.
Scotty : Ouais, sa petite amie disait la même chose jusqu’à il y a six mois environ.
Stillman : Qu’est ce qui s’est passé il y a six mois ?
Scotty : Aaron est mort.
Nick : Je croyais qu’il était en prison ?
Scotty : Il s’est pendu dans sa cellule.
Jeffries : Et il tient Lilly pour responsable…
Stillman : Que vous a dit la petite amie ?
Scotty : Il était devenu agressif, il ne tenait pas en place, il parlait de vengeance.
Nick : Et elle a alerté personne ?
Scotty : Elle a mis ça sur le coup de la tristesse. Son frère venait de mourir.
Nick : Donc ce qu’on sait c’est qu’il est violent, et qu’il en veut à mort à Lilly ?
Stillman : Ca ne présage rien de bon.
Jeffries : Pourtant il avait l’air paumé et désespéré quand il est venu l’autre soir.
Stillman : C’était que du bluff.
Scotty : Elle…elle m’a dit qu’il avait fait des recherches sur Lilly.
Stillman : Quel genre de recherches ?
Scotty : Je sais pas, tout ce qu’il pouvait trouver sur elle. Ca l’obsédait complètement. Tellement que sa copine l’a largué au bout de deux semaines. Il commençait vraiment à lui faire peur.
Stillman : Donc il doit en savoir long. C’est comme ça qu’il a trouvé comment l’attendrir ?
Scotty : Hier…quand j’ai parlé à Lilly…elle était assez chamboulée.
Stillman : Il a fait allusion à son enfance je suppose ?
Scotty : Ouais…

Tout le monde était stressé. Si Zach avait eu accès au dossier de Lilly, il savait comment la déstabiliser et la faire souffrir. Scotty était de plus en plus nerveux. Il s’imaginait le pire et il essayait de chasser ces images sordides de son esprit.

Stillman : Bon. Très bien. Il nous reste une heure pour arriver au point de rendez vous avec l’argent. Nick, vous venez avec moi. Jeffries, vous resterez ici avec Scotty. Je vous communiquerai l’adresse dès que je l’aurais eu. Elle peut être n’importe où. On gagnera du temps si on est séparés. Je ne veux aucune tentative stupide d’héroïsme (regardant Scotty). Si vous arrivez les premiers sur les lieux, attendez les renforts.
Scotty : On va pas attendre sagement qu’il la tue !
Stillman : Si vous faites un seul faux pas, elle y reste. Vous vous souvenez ?

Stillman regarda ses hommes l’un après l’autre. Il prit une grande inspiration et saisit la mallette.

Stillman : On y va.




Lilly était plongée dans le noir. Le bruit du métronome l’avait complètement épuisée. Elle repensait à la veille, à Scotty. Si seulement elle lui avait dit de rester… Elle prit une grande inspiration et essaya de se calmer. Le bruit de la porte la fit sursauter. « Il » revenait. Il s’approcha de l’établi et arrêta le métronome.

Zach : Comment tu peux supporter ce bruit ? Ca rend dingue se truc !

Zach s’approcha lentement un dossier à la main, et s’assit face à Lilly. Il regarda sa montre et sourit.

Zach : Il nous reste une petite heure avant que tes copains appellent. Ca nous laisse le temps de discuter, tu crois pas ?
Lilly : Et de quoi vous voulez parler ?
Zach : De toi.

Lilly regarda le dossier et lut son propre nom sur la page de garde. Elle frissonna à l’idée de ce que pouvait contenir le dossier. Des photos d’elle ? De sa famille ? Allait il s’en prendre à ses proches après l’avoir tuée ? Zach prit un malin plaisir à voir l’inquiétude dans le regard de la jeune femme. Il ouvrit le dossier lentement et lut à voix haute.

Zach : Lillian…C’est sympa comme prénom. Pourquoi l’avoir changé ?
Lilly (en colère) : Vous savez très bien pourquoi. Vous avez dû le lire dans votre dossier.
Zach : C’est vrai… Mais j’aimerais tellement que tu me racontes…
Lilly : Allez vous faire foutre !
Zach : Ai-je touché un point sensible ?

Lilly lui jetait un regard noir, remplit de haine. Elle savait qu’il essayait de la briser psychologiquement. Ca l’amusait de la voir souffrir. Mais elle ne lui donnera pas ce plaisir.

Zach : Alors Lilly ? Tu ne réponds pas ? Bon, très bien.

Il prit une photo dans le dossier et lui mit devant les yeux. Lilly détourna la tête, les larmes aux yeux. Comment avait il pu obtenir cette photo ? Personne ne connaissait son existence à part les services sociaux de l’époque. Et encore, ils avaient abandonné le dossier. Zach venait de lui présenter une photo qui avait été prise à l’hôpital après l’agression de Lilly enfant.

Zach : Il t’a bien amochée hein ? Combien de points de suture ?

Lilly détournait toujours la tête, elle était en larmes. Zach la saisit à la mâchoire et l’obligea à regarder.

Zach (lui mettant la photo sous les yeux) : COMBIEN ?
Lilly (en pleurs) : Je…je sais plus…je…
Zach (regardant de plus près Lilly) : Il t’a brisé la mâchoire je crois non ? T’as pas de jolies cicatrices à me montrer ?

Lilly n’avait pas réussi à maîtriser le flot d’émotions qui était remontés en elle. Elle pleurait et tremblait de tout son corps. Zach était aux anges. Ce sadique avait réussi à la briser complètement. Il savait que la jeune femme était à sa merci et qu’il pouvait maintenant obtenir tout ce qu’il voulait d’elle. Il la lâcha et se remit tranquillement au fond de sa chaise, les bras croisés.

Zach : Si on parlait de ce que tu as ressenti cette nuit là ?
Lilly : …allez vous faire…

Zach la frappa au visage. Lilly encaissa le coup en poussant un petit cri, et se mit à pleurer.

Zach : Je t’écoute…

Lilly était en larmes. Elle en avait assez de recevoir des coups et avait besoin de récupérer un peu. Elle décida de parler et elle commença à raconter la peur, la terreur qui l’avait envahit lorsqu’ « il » la poursuivait, et les coups. Zach écoutait tranquillement, comme un gamin à qui on racontait une histoire pour s’endormir. Il prenait plaisir à la voir souffrir ainsi, à l’humilier.

16h50.Après une heure de discussion, Zach fut satisfait. Lilly termina épuisée, vidée. Zach avait obtenu ce qu’il voulait. Il se leva doucement et s’approcha de Lilly pour lui murmurer quelque chose à l’oreille.

Zach (chuchotant) : Merci…Ce fut un plaisir…

Zach pensait l’avoir complètement brisée. Aussi fut il très surpris quand il recula, d’apercevoir un grand sourire sur le visage de Lilly, qui le regardait fixement.

Lilly (riant nerveusement) : Vous êtes pitoyable…
Zach (surpris) : Pardon ?
Lilly (le regardant dans les yeux): Et faible.
Zach : Quoi ?
Lilly : Vous avez besoin de me voir souffrir parce que vous n’osez pas regarder votre propre douleur en face !
Zach (sourire forcé) : Tu n’y es pas du tout !
Lilly (insistant): Ah oui ? Lorsque vous étiez avec moi au central, et que vous m’avez raconté comment vous aviez perdu votre frère…
Zach (nerveux) : Attention, je vais m’énerver !
Lilly : …j’ai bien vu que la douleur était réelle. Personne ne peut simuler autant de souffrance…
Zach : La ferme !
Lilly : Vous n’avez même pas été capable de me dire votre vrai prénom « Kevin »…
Zach (de plus en plus énervé) : C’était juste pour…
Lilly (criant presque) : Parce que vous ne vouliez pas admettre que vous étiez faible !
Zach (ne tenant plus en place) : C’est pas vrai ! Kevin n’existe pas !
Lilly : Oh que si il existe !
Zach (explosant de colère, les larmes aux yeux): Tout ça c’est de ta faute ! J’aurais pu protéger Aaron mais il a fallu que tu viennes foutre la merde dans ma vie ! Ma mère s’est tuée quand elle a apprit la mort de son fils ! Mon père s’est contenté de se barrer et…
Lilly : Et tu t’es retrouvé tout seul…
Zach (vociférant): Ouais, c’est un truc que tu connais bien, hein ?
Lilly (le défiant du regard) : Moi je n’ai pas craqué.
Zach (perdu) : Je…
Lilly (insistant) : Hier au central, c’était pas de la comédie, n’est ce pas ?
Zach (menaçant) : Si tu prononces encore une seule phrase je…
Lilly : Tu étais si faible, apeuré, tu pleurais..
Zach : Non, non, non….c’était un rôle…
Lilly : Tu sais bien que non Zach ! Tu tremblais, tu avais peur et…
Zach : FERME LA !

Il prit son arme à la ceinture et appuya le canon du revolver sur la tête de Lilly. Elle continuait de le regarder dans les yeux. Elle savait que quoi qu’elle fasse, elle ne s’en sortirait pas. Et elle était fatiguée d’avoir mal, elle voulait qu’il la tue. Zach tremblait, il était en sueur. Il parvint à se calmer lentement, et retira le canon du visage de Lilly.

Zach : Je sais ce que tu essayes de faire…. Mais tu n’y arriveras pas… Oh non… ce serait trop facile… je veux voir la tête de Scotty quand je te tuerais lentement…je veux qu’il sache ce qu’on ressent quand on perd quelqu’un à qui l’on tient. Et je veux que tu le regardes mourir à son tour.
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MessageSujet: Re: Douloureuses retombées (terminée)   Dim 3 Fév - 20:58

16h58. Il recula en souriant. Lilly avait soudain pris peur lorsque Zach avait prononcé le nom de Scotty. Ses yeux trahissaient l’angoisse qu’elle éprouvait. Zach avait reprit le contrôle de la situation. Il savait que la seule chose qui pouvait atteindre Lilly maintenant, était de s’en prendre à son ami. Il sortit le portable de Lilly de sa poche et regarda l’écran. Il affichait 16h58.

Zach : Tes copains vont pas tarder à appeler. (la sonnerie retentit). Qu’est ce que je disais !



Stillman et Nick avaient remis l’argent au barman. Stillman avait composé le numéro de Lilly et attendait qu’on décroche.

Voix : Vous y êtes ?
Stillman : Oui. L’argent est là également. Dites moi où elle est Zachary !
Voix : Ah, vous avez fait des recherches ? C’est bien ça ! Passez moi le barman.

Stillman fit signe au barman d’approcher et lui tendit le téléphone.

Barman : Allô ?
Voix : Salut Ralf ! Tu te souviens de moi ?
Barman : Ouais, vous êtes le type de l’autre fois, c’est ça ?
Voix : C’est ça.

Stillman lança un regard à Nick. Pourquoi le barman ne semblait pas connaître Zach personnellement ? A quoi rimait ce petit jeu ?

Voix : Vous avez l’argent ?
Barman : Oui, mais euh….
Voix : Vous êtes bien au bar, n’est ce pas ?
Barman : Bien sûr !
Voix : Allez mettre une pièce dans le juke-box et lancez la chanson numéro 4. Et repassez moi Stillman.

Etonné, le barman rendit le téléphone à Stillman et se dirigea vers le juke-box. Une chanson country se fit entendre.

Voix : Bien. Je vois que vous avez suivit mes consignes. On va jouer à un nouveau jeu.
Stillman (en colère) : On a rempli notre part du marché ! Dites nous où elle est !
Voix : Je vais vous le dire. Mais j’aime bien jouer. Alors voici les nouvelles règles.
Stillman (nerveux) : Je vous écoute.
Voix : Je vais vous donner l’adresse. Et je suppose que vous allez envoyer toute la cavalerie, alors je voulais vous prévenir par avance. J’ai posté des caméras autour de la maison, donc je peux surveiller tout ce qui se passe depuis l’intérieur. Si vos hommes essaient de débarquer en force, je la descends. C’est compris ?
Stillman : Oui…
Voix : Vous pouvez vous installez à cent mètres autour de la maison, mais vous resterez derrière les barrières. Quand Scotty sera sur place, dites lui de me passer un coup de fil. Je lui expliquerais ce qu’il doit faire.
Stillman : Où est elle ?
Voix : Dans une maison près des lacs d’ Oakwood. C’est environ à une demie heure de Philadelphie. Vous la reconnaîtrez facilement, c’est une grande baraque en brique rouge sur North Lake Side West.
Stillman : Comment puis je savoir que vous ne mentez pas ?
Voix : Vous ne pouvez pas. Mais je serais vous, je me dépêcherais.
Stillman : Pourquoi ?
Voix : A cause de la nouvelle règle !
Stillman : De quoi vous parlez ?
Voix : Je lui brise un doigt toutes les dix minutes. Et ça commence…maintenant !

Stillman entendit un hurlement de douleur. Lilly. Cet enfoiré venait de lui briser l’index droit.
Ce sadique allait payer. Stillman composa le numéro de Jeffries immédiatement et le mit au courant de la situation. Il sortit en courant du bar, suivi par Nick, et monta dans la voiture. Nick se mit au volant et démarra en trombe. Stillman appela le responsable des forces d’intervention et le briefa sur les conditions à respecter.


Au central, Jeffries raccrocha rapidement.

Jeffries : Nom de Dieu…
Scotty (affolé) : Quoi ?? Qu’est ce qu’il y a ??
Jeffries : On a l’adresse mais faut qu’on fasse très vite.
Scotty : Qu’est ce qu’il a dit ???

Jeffries hésita un instant à mettre Scotty au courant. Mais devant l’insistance du jeune inspecteur, il prit une grande inspiration et le regarda dans les yeux.

Jeffries : Qui lui briserait un doigt toutes les 10min jusqu’à ce qu’on arrive.

Scotty sentit une vague de colère monter en lui. Il attrapa son manteau et se précipita dehors, suivi de Jeffries. Leur voiture démarra à toute vitesse.





Zach avait raccroché juste après le cri de Lilly. Il semblait jubiler intérieurement, comme si le pire restait encore à venir. Lilly avait failli s’évanouir sous la douleur. Elle était au bout de ses forces, et tenait à peine éveillée.

Zach : Maintenant tu sais ce que c’est le compte à rebours.

Lilly craqua. Elle en avait assez, elle voulait que tout s’arrête. Elle avait mal, froid, elle était fatiguée de lutter et d’espérer. Et plus que tout, elle était terrifiée à l’idée que Scotty allait mourir sous ses yeux.


17h14. Scotty avait foncé aussi vite que possible. Il avait surveillé l’heure toutes les minutes pendant le trajet, redoutant le moment où dix minutes seraient écoulées. La maison où était retenue Lilly était à vingt minutes du central, mais même le pied sur l’accélérateur, il n’avait pu faire mieux que 13 minutes. Lorsque le cadran avait affiché 17h11, il avait poussé un cri de rage dans la voiture. Ce malade lui avait sans doute à nouveau brisé un doigt.

Le périmètre de sécurité était en place. Les forces d’intervention s’étaient positionnées sur un rayon de cent mètres autour de la maison, comme l’avait stipulé Stillman. Jeffries et Scotty sortirent de la voiture, et regardaient la maison, impuissants. Jeffries prit Scotty à part.

Jeffries : Il veut que tu l’apelles.
Scotty (qui ne comprenait pas) : Quoi ??
Jeffries : Il a dit à Stillman que tu devais appeler Lilly dès que tu serais arrivé sur place.
Scotty : Qu’est ce qu’il veut ?
Jeffries : J’en sais rien.

Scotty prit son portable et appela.


Voix : Salut Scotty.
Scotty : Qu’est ce que vous voulez ?
Voix : C’est dommage, tu serais arrivé trois minutes plus tôt, son majeur serait encore intact.
Scotty (hors de lui) : VOUS VOULEZ QUOI ?
Voix : Calmez vous inspecteur, ça ne sert à rien de s’énerver. Je veux que vous entriez. Seul bien sûr.
Scotty : D’accord.
Voix : Oh, et bien sûr, si vos amis tentent quoi que ce soit….
Scotty : J’ai compris.
Voix : Ne tardez pas trop. Ce serait dommage que je sois obligé de lui briser un autre doigt.


Il raccrocha. Scotty était complètement perdu. Il savait que s’il entrait seul, il n’aurait aucune chance. Mais si il attendait trop… Le cri de douleur de Lilly au téléphone lui résonnait encore dans la tête. Il ne pouvait pas attendre. Il prit un gilet par balle et l’enfila.

Jeffries : Scotty, qu’est ce que tu fais ??
Scotty : Il veut que j’entre.
Jeffries : Seul ? Attends, ce n’est pas une bonne idée, tu vas te faire tuer !
Scotty (hargneux) : Tu préfère attendre qui lui brise tous les doigts ?
Jeffries : Stillman sera là dans dix minutes.
Scotty : On a pas dix minutes.
Jeffries : Laisse moi l’appeler.

Jeffries appela Stillman et le briefa sur la situation. Celui-ci refusa catégoriquement que Scotty entre seul et demanda à lui parler.

Stillman : Valens ! Si vous entrez là dedans vous allez la tuer !
Scotty : Et si je ne le fais pas il le fera quand même !
Stillman : Laissez moi le temps d’arriver et on s’organisera.
Scotty : On a pas le temps chef. Il va…
Stillman (en criant presque) : Vous préférez qui lui brise un doigt ou qui lui loge une balle dans la tête ?

Scotty ne répondit pas. Il savait ce qu’il risquait s’il essayait d’agir seul. L’idée que Lilly puisse être tuée… Il essaya de se calmer et prit une grande respiration.

Stillman (plus calme) : Ne tentez rien avant mon arrivée. C’est comprit Scotty ?
Scotty (à contre cœur) : Oui, j’ai compris.
Stillman : Je fais au plus vite.

Scotty raccrocha. Il avait l’air dépité, furieux de ne pouvoir intervenir. Mais Stillman avait sans doute raison. Seul, il n’avait pas l’ombre d’une chance. Jeffries s’approcha du jeune homme et posa sa main sur son épaule en signe d’amitié.

Ils devaient attendre. Attendre que Stillman arrive. Attendre que ce sadique lui brise un autre doigt. Le silence était lourd et pesant. Tout le monde se tenait prêt à agir. Les lumières des voitures de police éclairaient la façade de la maison par intermittence. On aurait dit que le temps s’était arrêté. Si seulement….
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MessageSujet: Re: Douloureuses retombées (terminée)   Dim 3 Fév - 20:58

17h21. Un cri déchira le silence. Dix minutes étaient passées. Scotty sentit son cœur se soulever, il eu l’impression de recevoir un coup de poing en plein ventre. Jeffries le retint juste à temps : Scotty avait enjambé la barrière de sécurité et s’apprêtait à se diriger vers la maison. Il fallu deux hommes pour maîtriser Scotty et le ramener à la raison.
Deux minutes plus tard, la voiture de Stillman arriva. Celui-ci descendit et se dirigea vers le chef de la brigade d’intervention. Il commença à discuter avec lui quand Scotty fit irruption et lui colla son poing dans la figure.

Scotty (à bout de nerfs) : ESPECE D’ENFOIRE !

Jeffries le retint et l’emmena plus loin. Stillman se releva doucement, soutenu par le chef de brigade. Celui-ci lui expliqua ce qui s’était passé deux minutes plus tôt.

Le téléphone de Scotty retentit. Il décrocha aussi vite qu’il put.

Voix : Vous venez de lui briser un doigt. Encore un.
Scotty (en criant): Espèce de malade ! Vous la touchez encore je…
Voix : Il ne tient qu’à vous que cela s’arrête. Vous entrez, elle arrête de souffrir.
Scotty : D’accord !
Voix : Je vous attends.

Scotty raccrocha et se dirigea à grand pas vers Stillman. Vu ce qui venait de se passer, deux hommes l’attrapèrent par les épaules. Scotty n’essaya pas de se débattre, il se contenta de fixer Stillman du regard.

Stillman : C’est bon, lâchez le.
Scotty : Il vient d’appeler.
Stillman : Qu’est ce qu’il veut ?
Scotty : La même chose qu’il y a dix minutes !
Stillman : Bien. Lieutenant Shepard (le chef de la brigade), pouvez vous habiller un de vos hommes en civil ?
Scotty : Qu’est ce que vous faites ?
Stillman : Avec un peu de chance, il ne sait pas qui vous êtes. Si on envoie un membre de l’unité d’intervention se faisant passer pour vous, il sera plus à même de gérer la situation.
Scotty (hors de lui) : Avec un peu de chance ?? Vous osez jouer avec sa vie ??
Stillman : On a pas d’autre choix.
Scotty : Si on en a un ! M’envoyer là bas !
Stillman : Lieutenant, votre homme est prêt ?
Shepard : C’est bon.
Stillman (à Scotty) : Donnez lui votre portable, au cas où il essaie de vous appeler.

Scotty obéit sans grand enthousiasme et continua de fixer Stillman d’un regard noir.

Scotty : S’il la tue, je vous en tiendrais personnellement pour responsable.


Stillman n’écoutait pas Scotty. Bien sûr qu’il se sentait responsable et coupable de ce qui arrivait à Lilly. Lui aussi avait terriblement peur de ce qui pouvait se passer. Il espérait que son plan fonctionne, parce qu’il n’en avait aucun autre sous la main.

Zach était remonté à l’étage, surveillant sur ses écrans la progression de « Scotty ». La silhouette avançait doucement, avec précaution. Il ne distinguait pas encore son visage.
L’homme avança encore de quelques mètres. Le téléphone de Stillman sonna.

Stillman : Oui ?
Voix : Vous avez essayé de me doubler Stillman.
Stillman : De quoi vous parlez ?
Voix : ARRETEZ DE VOUS FOUTRE DE MOI !

Stillman comprit que son plan était tombé à l’eau. Visiblement, Zach savait à quoi ressemblait Scotty et avait découvert la supercherie.

Stillman : Je suis désolé.
Voix : Rappelez votre homme immédiatement !

Stillman fit signe à Shepard de rappeler son agent. L’homme fit demi tour.

Voix : Vous m’avez menti Stillman. Pourtant vous connaissiez les conséquences…
Stillman : Je vous envoie Scotty.
Voix : C’est un peu tard… mais j’accepte. Passez moi Scotty.

Stillman se dirigea vers Scotty et lui tendit le téléphone. Scotty était mort d’inquiétude. Il hésitait à prendre le portable, de peur d’entendre à nouveau les cris de Lilly.

Scotty : Valens.
Voix : Vous auriez dû entrer la première fois. Votre chef n’a fait qu’aggraver la situation.
Scotty : Je sais.
Voix : Bien… maintenant que tout le monde est raisonnable, vous pourriez venir me rejoindre ?
Scotty : J’arrive.
Voix : Oh, avant de raccrocher, passez moi votre supérieur.
Stillman : Stillman.
Voix : Vous êtes vraiment stupide. Vous tenez à elle ?
Stillman : Oui.
Voix : A quel point ?
Stillman : Beaucoup. Comme à ma propre fille.
Voix : Et bien vous êtes un bien mauvais père Stillman.

Lilly gémit de douleur. Zach venait d’appuyer fortement sur la cuisse blessée de la jeune femme avec le canon de son arme.

Zach : Envoyez moi Scotty.

Stillman avait frissonné en entendant Lilly. De l’extérieur, le bruit avait été si faible que personne n’avait réagit. Mais à travers le téléphone, Stillman avait perçu toute la douleur de la jeune femme, comme s’il se tenait à côté d’elle.
Stilman se dirigea vers Scotty. Il se posa face à lui et le regarda droit dans les yeux. Il savait qu’il allait devoir prendre l’une des décisions les plus difficiles de sa vie. Il pouvait y lire la peur et l’inquiétude du jeune homme dans son regard. Il se contenta de poser une main sur son épaule. Scotty n’eut pas besoin de plus pour comprendre qu’il devait agir. La vie de Lilly était désormais entre ses mains. Il le savait et cela le terrifiait.

Stillman : J’ai confiance en vous.
Scotty : Si vous entendez un coup de feu, ou un cri, foncez.
Stillman : On sera prêt.

Scotty prit une grande respiration et enjamba la barrière de sécurité. Chaque pas qui le rapprochait de la maison faisait grandir la peur qui lui serrait le ventre. Il arriva près de la porte d’entrée. Son téléphone sonna.

Voix : Vous voilà enfin Scotty. Entrez, je vous en prie.

Scotty ouvrit la porte et s’engouffra dans la maison.

Voix : Bien. Maintenant, écoutez moi attentivement. Vous allez suivre le couloir devant vous et prendre la deuxième porte à gauche. Puis vous descendrez doucement les escaliers. Vous avez compris ?
Scotty : Oui.
Voix : A tout de suite alors.

Scotty rangea le portable dans sa poche et prit son arme à sa ceinture. Il faisait très sombre, tous les volets de la maison étaient fermés, on se serait crus en pleine nuit. Il progressa lentement, revolver au poing, et arriva près de la porte. Il la poussa lentement, ce qui la fit grincer, et découvrit l’escalier en bois.

Voix : Venez, je vous en prie. Mais pas de geste brusque ou elle meurt.

Scotty alluma la lumière et commença à descendre les marches une à une. Arrivé à la moitié, il l’aperçut enfin. Lilly était debout sur une chaise, les mains liées devant elle, une corde tendue passée autour du cou. Zach se tenait derrière elle, un revolver braqué en direction de la tête de la jeune femme et un pied sur la chaise. Cette vision de Lilly blessée et sur le point d’être tuée provoqua un tel choc émotionnel pour Scotty qu’il failli eu besoin de s’appuyer contre le mur.

Scotty : LILLY !

Lilly le regardait, les larmes aux yeux, le regard vide. Elle ne savait que trop bien comment ça allait finir. Elle aurait voulu lui crier de partir, mais la boule qu’elle avait dans la gorge l’en empêcha.

Lilly (d’une voix faible) : Scotty, ne restes pas là, je t’en prie…
Zach : Elle a raison ! Approchez Scotty, venez nous rejoindre !

Scotty finit de descendre les marches, d’un pas très lent. Il ne voulait pas brusquer les choses et faire déraper la situation. Il y avait quelque chose d’inhabituel dans le regard de Lilly, elle ne paraissait pas du tout paniquée : son regard était vide. C’est comme s’il avait déjà accepter de mourir, qu’elle avait baissé les bras.

Zach : Bien ! Jetez votre arme vers moi.
Scotty : Alors là vous rêvez !
Zach poussa légèrement la chaise du pied, ce qui fit vaciller Lilly. Elle ne perdit pas l’équilibre, mais cela avait suffit à resserrer la corde autour de son cou.

Scotty (paniqué) : OK ! D’accord !
Lilly (à peine audible): Ne fais pas ça Scott…Vas t’en…

Scotty leva les mains très lentement, sous le regard implorant de Lilly. Il n’avait pas le choix. Il avança de quelques pas et lança son arme sur Zach, qui recula pour l’éviter. Scotty profita de ce moment d’inattention pour se précipiter vers lui et le plaquer au sol. Zach tomba lourdement au sol, ils commencèrent à se battre. Un coup de feu partit.



A l’extérieur, tout le monde avait entendu la détonation. Les agents des forces d’interventions commencèrent à courir vers la maison, menés par Stillman.

Scotty se releva, sonné. Dans la bagarre, il avait réussi à retourner l’arme contre Zach et appuyer sur la détente. Il mit quelques secondes à rassembler ses esprits et aperçut la chaise tombée au sol. Lilly….

Stillman entra le premier, et chercha Lilly du regard. La pièce était vide. Il entendit soudain la voix de Scotty provenir de la cave.

Scotty : LILLY !

Stillman se précipita vers la cave, suivi de près par les agents d’intervention. Lorsqu’il arriva au sous sol, le spectacle qui s’offrait à lui était terrible. Zach baignait dans une mare de sang, et Lilly pendait au bout d’une corde, inconsciente. Scotty essayait de soutenir Lilly le plus possible en soulevant ses jambes pour éviter qu’elle ne meurt asphyxiée.

Stillman et les agents se précipitèrent vers eux, un des agents trancha la corde avec un couteau, et Lilly tomba inanimée dans les bras de Scotty. Stillman l’aida à l’allonger sur le sol, enleva la corde de son cou et lui détacha les mains, tandis que Scotty commença à lui faire du bouche à bouche.

Lilly ne respirait toujours pas. Scotty continua sans relâche, il était en larmes. Stillman avait appelé les secours, et regardait la scène impuissant.

Scotty : Lilly ! S’il te plaît !

Scotty souffla encore une fois dans la bouche de la jeune femme. Ses poumons se remplirent d’air. Lilly se mit à tousser plusieurs fois.

Stillman : Elle respire, Dieu soit loué !

Lilly entrouvrit les yeux légèrement. Sa vision était floue mais elle crut reconnaître Scotty. Elle essaya de prononcer quelque chose mais aucun son ne sortit de sa bouche.

Scotty (les larmes aux yeux) : Lilly ! Ca va aller, d’accord ? C’est fini !

Les secours arrivèrent. Lilly avaient de nouveau perdu connaissance. Ils la mirent directement sous oxygène et lui passèrent une minerve autour du cou, ne sachant pas si les cervicales avaient souffert.

Secouriste (regardant la blessure à la cuisse): Il me faut deux culots de O-nég (O négatif, groupe sanguin universel utilisé pour les transfusions d’urgence), elle a perdu beaucoup de sang !

Lilly fut placée sur un brancard et emmenée d’urgence à l’hôpital. Scotty était resté sous le choc pendant quelques minutes, incapable de bouger. Jeffries était resté près de lui. Stillman réglait les derniers détails avec les forces de l’ordre. Puis il se dirigea vers Scotty.

Stillman : Scotty ?
Scotty (absent) : …
Stillman : Le chef de la police voudrait avoir votre déposition. Je lui ai dit que vous n’étiez pas en état de le faire pour le moment.
Jeffries (à Stillman) : Je vais l’emmener à l’hôpital voir Lilly. Vous nous y rejoignez ?
Stillman : J’arrive au plus vite. J’ai dit à Nick de vous attendre dans la voiture.
Jeffries (soutenant Scotty par le bras) : Allez viens.
Stillman (regardant Scotty dans les yeux) : Bon travail Scotty.
Scotty (ailleurs): Ouais…
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MessageSujet: Re: Douloureuses retombées (terminée)   Dim 3 Fév - 20:59

19h15. Ils étaient tous dans la salle d’attente des urgences, morts d’inquiétude. Nick, Jeffries étaient assis, lançant de brefs regards vers Scotty. Scotty n’avait pas dit un mot du trajet. Il restait là, debout, la tête appuyée sur le mur, à regarder dans le vide. Les larmes avaient fini par s’arrêter, non pas parce qu’il s’était calmé, mais parce qu’il n’avait plus la force de pleurer.
Stillman les avait rejoint, il s’était approché de Scotty, sans réaction. Depuis, il faisait les cent pas dans le couloir, attendant qu’un médecin veuille bien les renseigner sur l’état de Lilly.

Un homme en blouse blanche s’approcha d’eux doucement, il avait l’air épuisé. Scotty le vit le premier et sortit de son état végétatif en une fraction de seconde. Il s’approcha du médecin, suivi par Stillman. Nick et Jeffries se levèrent pour entendre les nouvelles.

Médecin : Les blessures n’étaient que superficielles, mais la fatigue et le fait qu’elle ait perdu beaucoup de sang l’ont plongé dans le coma.
Scotty : Mais elle va se réveiller hein ?
Médecin : Elle a été privée d’oxygène assez longtemps pour arrêter de respirer et il se peut que son cerveau ait subit des lésions. Mais nous n’en saurons pas plus tant qu’elle ne se réveillera pas.
Scotty : Et on fait quoi ?
Médecin : Attendre. C’est tout ce qu’on peut faire. Et espérer. Je suis désolé.

La nouvelle avait touchée toute l’équipe en plein cœur. Nick soupira, Jeffries se rassit.

Stillman: Elle va se réveiller. Lilly est forte, elle s’en sortira.

Stillman avait prononcé cette phrase autant pour rassurer son équipe que pour lui-même. Lilly était forte, mais elle restait humaine et vulnérable. Attendre. Ce mot avait provoqué un grand frisson tout au long de sa colonne vertébrale. Il n’avait fait que ça, attendre. Attendre que ce sadique veuille bien l’appeler, attendre qu’il pose ses conditions, attendre qu’elle se fasse torturée. Il n’en pouvait plus. Il avait tenu toute la journée, mais à présent, le masque tombait. Stillman s’assit à côté de Jeffries, et les larmes commencèrent à lui monter aux yeux.

Stillman (d’une voix faible, regardant dans le vide) : Elle va se réveiller….


Jeudi soir. Quatre jours passèrent. Lilly était toujours dans le coma. Toute l’équipe s’était relayée jour et nuit au chevet de la jeune femme. Stillman avait permit à tout le monde se prendre quelques jours de congés. Scotty passait ses journées et ses nuits entières à l’hôpital. Il ne voulait pas qu’elle se réveille seule. L’unique moment de la journée où il sortait de la chambre, c’était lorsque les infirmières venaient prendre soin de Lilly. Il déambulait alors dans les couloirs. Jeffries et Nick avaient essayé de le faire sortir, pour l’emmener manger dehors, histoire qu’il se change les idées. Mais à chaque fois, il refusait. Il s’en voulait tellement de l’avoir laissée seule ce soir là. Plus jamais il ne s’éloignerait d’elle. Bien qu’il fut aussi touché par l’affaire que Scotty, Stillman adopta un tout autre mode de fonctionnement, se réfugiant dans le travail. Il passait un coup de fil chaque jour à Scotty pour prendre des nouvelles mais n’était pas retourné voir Lilly depuis son admission aux urgences.

Il se faisait tard. La nuit était tombée, et Scotty regardait le visage endormi de Lilly. Elle avait l’air si paisible. Il prit une chaise et vint s’asseoir tout près du lit. Il lui prit la main comme chaque soir, et la serra contre sa joue. La chambre était silencieuse. Seuls les bips réguliers des machines retentissaient au rythme du cœur de Lilly. Scotty ferma les yeux et soupira. Il était exténué. Il n’avait pas dormi plus de 3h par nuit depuis l’admission de Lilly à l’hôpital.

Scotty sentit une légère pression sur sa main, mais il ne réagit pas immédiatement. Lilly ouvrit les yeux avec peine et commença à reprendre conscience lentement. Elle tourna légèrement la tête et vit Scotty, à moitié endormi. Elle esquissa un faible sourire.

Lilly (d’une voix fatiguée) : Hey…

Scotty crut d’abord qu’il rêvait. Il leva doucement la tête et aperçut ce regard bleu océan qu’il aimait tant. Il resta la bouche entrouverte, ne pouvant prononcer un mot tant il était heureux de la voir reprendre conscience.

Lilly : ..y a longtemps que t’es là ?
Scotty :…je…oh Lilly, tu m’as fait tellement peur…
Lilly (avec un faible sourire) : ..T’as pas répondu à la question …

Scotty était fou de joie et tellement soulagé. Le fait qu’elle fasse déjà de l’humour le rassura.
Il lui rendit son sourire et la regarda avec tendresse.

Scotty (s’asseyant sur le rebord du lit, sans lâcher sa main) : Assez oui.
Lilly : Et moi ?
Scotty : Trop longtemps.

Lilly sentit toute l’inquiétude et la fatigue de son coéquipier dans son regard. Vu les cernes et le teint blafard qu’il avait, il avait dû rester là pendant des jours. Elle voulut prononcer encore quelques mots mais la fatigue était encore trop importante. Scotty passa délicatement sa main sur la joue de Lilly, qui lui sourit.

Scotty : Repose toi. On aura tout le temps de parler quand tu seras sur pied.

Lilly sentait que Scotty lui cachait quelque chose. Il paraissait heureux qu’elle soit en vie, mais son regard trahissait son calme apparent. Elle prit doucement la main du jeune homme, l’arrêtant dans son geste affectif. Scotty fut surpris et commença à s’inquiéter.

Scotty : Ca va pas ?
Lilly : Qu’est ce qu’il y a ?
Scotty : Comment ça ?
Lilly : …pourquoi tu as l’air si triste. ?
Scotty (évitant la question) : Je ne suis pas triste au contraire. Je suis juste fatigué. Tu devrais te reposer maintenant. Je vais appeler les autres pour leur dire que tu es réveillée.

Il déposa un baiser sur le front de Lilly, lui souhaita bonne nuit et quitta doucement la chambre. Lilly fut agréablement surprise par tant d’affection mais l’attitude de Scotty la préoccupait. La fatigue reprit le dessus et elle s’endormit.



Vendredi matin. Scotty avait passé la nuit à son chevet, une fois de plus, mais cette fois il avait dormi et était reparti tôt le matin, avant qu’elle se réveille. Il avait besoin de se ressourcer un peu et surtout de changer de prendre une douche et de changer de vêtements.

A son réveil, Lilly fut à la fois déçue de ne pas apercevoir Scotty, mais soulagée qu’il soit enfin rentré chez lui se reposer.

Jeffries et Nick passèrent voir Lilly dans la matinée. Nick, comme à son habitude, laissa échapper quelques vannes débiles, ce qui fit sourire Lilly. Jeffries écoutait son collègue, en levant les yeux au ciel.

Jeffries : Ca fait plaisir de revoir ce sourire.
Nick : Ouais…il nous avait manqué.

Lilly leur sourit une fois de plus et les remercia d’être venus la voir. Après quelques minutes, Jeffries et Nick s’en allèrent, ne voulant pas trop la fatiguer. Dès qu’ils sortirent de la pièce, une autre personne fit son entrée. Scotty s’approcha d’elle doucement.

Scotty (d’un ton calme et posé) : Bonjour. Bien dormi ?
Lilly : Ca peut aller. Viens.

Lilly lui fit signe de s’asseoir sur le bord du lit, ce qu’il fit. Elle plongea son regard dans les yeux de Scotty.

Lilly : Scotty…
Scotty : Oui ?
Lilly : Je vois bien que tu es préoccupé…
Scotty : C’est rien…ne t’en fais pas…

Lilly insista en fixant Scotty dans les yeux. Celui-ci ne tarda pas à détourner le regard.

Scotty : C’est… c’est à propos de ce que tu as dit quand…quand je suis entré dans la cave…

Lilly essayait de se remémorer ce qu’elle avait pu dire mais les souvenirs étaient plutôt flous.
Voyant qu’elle fronçait les sourcils, Scotty poursuivit, cette fois en la regardant dans les yeux.

Scotty : Tu m’as dit de m’en aller. Et tu….tu as dit ça d’une voix si paisible, je…
Lilly :…je…
Scotty : C’est comme si j’étais arrivé trop tard…et…je me suis rendu compte à cet instant, tu avais cessé de croire en moi…
Lilly (les larmes au yeux): ...non, j’étais fatiguée et…

Scotty regarda Lilly, un pincement au cœur. Pourquoi avait elle choisit d’abandonner tout espoir ? Elle savait qu’il donnerait tout au monde pour la sauver. Mais elle avait perdu confiance en lui et ça, Scotty avait beaucoup de mal à le comprendre et à l’accepter.

Lilly :…je suis désolée…
Scotty : Non, c’est moi. J’aurais pas dû te reparler de ça maintenant.
Lilly : J’ai confiance en toi Scotty…
Scotty : Je sais…

Il n’en était pas convaincu entièrement mais préféra laisser tomber. Lilly avait suffisamment souffert et il ne voulait pas lui faire de mal. Il lui adressa un sourire et sécha les larmes qui coulaient sur les joues de Lilly.

Scotty : Oublie cette histoire d’accord ?
Lilly : Tu comptes beaucoup pour moi, tu le sais ?
Scotty : Tu comptes aussi beaucoup. Repose toi. Je viendrais te voir ce soir.

Lilly regarda Scotty sortir de la pièce, la mine attristée. Elle aurait voulu lui dire plus, lui montrer qu’elle lui faisait confiance. Elle réalisa qu’elle ne l’avait même pas remercié de lui avoir sauvé la vie.


Samedi
Les jours passèrent, Lilly retrouva des forces peu à peu. Elle et Scotty ne reparlèrent pas de cette discussion. Stillman avait finit par venir à l’hôpital, et il avoua qu’il se sentait responsable de ce qu’il lui était arrivé. Ils discutèrent pendant un bon moment, au cours duquel Lilly réussit à faire oublier à Stillman son sentiment de culpabilité. Jeffries et Nick passèrent de temps en temps avec des fleurs ou du chocolat (quand Nick n’avait pas mangé toute la boîte pendant le trajet). Scotty vint tous les jours et se rapprocha de plus en plus de sa coéquipière. Ils n’avaient pas reparlé de l’agression, Scotty sentant que le sujet était encore trop difficile à aborder. Lilly semblait aller mieux de jour en jour. Les gestes d’affection de Scotty s’étaient répétés, pour le plus grand plaisir de Lilly, mais aucun ne semblait vouloir faire le premier pas et dévoiler ses réels sentiments à l’autre. Les visites se passaient donc tout en sourires et en regards chaleureux, entrecoupés de vannes stupides lorsque Nick arrivait dans la pièce.


Un mois plus tard, Lilly sortit de l’hôpital. Elle boitait encore très légèrement à cause de sa cuisse mais les médecins lui avaient dit que la douleur disparaîtrait en quelques jours.
Scotty avait tenu à être là et à la ramener chez elle. Il attendait à l’entrée de l’hôpital, voulant lui faire la surprise. Lorsque Lilly aperçut Scotty en jean et chemise adossé à sa voiture, elle sentit une douce vague de chaleur l’envahir.

Scotty (sourire aux lèvres) : Le carrosse de mademoiselle est avancé !

Lilly ne put s’empêcher de rire. Dieu que c’était bon de l’entendre à nouveau ! Scotty lui ouvrit la portière avant tel un gentleman et Lilly s’installa sur le siège passager.
Scotty la ramena chez elle. Le voyage fut l’occasion pour Scotty de raconter les dernières aventures hilarantes au bureau, ce qui ne manqua pas de faire rire Lilly. Arrivés devant la porte, Lilly invita Scotty à dîner, pour le remercier. Ce qu’il accepta avec joie, bien entendu !

Après avoir dîné tranquillement, Lilly se leva pour aller faire la vaisselle. Scotty voulu l’aider et en déposant les verres dans l’évier, il ne se retrouva plus qu’à quelques centimètres d’elle.

Lilly (se retournant) : Tu me passes le….

Ils étaient maintenant face à face. Lilly plongea son regard dans celui de Scotty. Celui-ci s’avança doucement et déposa un baiser sur ses lèvres. Il recula lentement la tête pour voir la réaction de la jeune femme. Lilly restait immobile, encore sous le charme (et sous le choc !).
Voyant que Lilly restait silencieuse, Scotty se mit à s’embrouiller.

Scotty : Je…désolé, j’aurais pas…

Lilly s’approcha à son tour et l’embrassa. Elle ne savait pas très bien pourquoi elle avait fait ça, mais la présence de Scotty lui faisait du bien et elle se sentait heureuse lorsqu’il était près d’elle. Scotty passa la main sur la joue de Lilly, qui lui fit un de ses plus beaux sourires. Il s’approcha encore, et l’embrassa de nouveau, passant cette fois sa main autour de la taille de la belle. Sans desserrer leur étreinte, ils se déplacèrent doucement vers la chambre de Lilly, l’envie d’aller plus loin consumant intérieurement chacun d’eux.

Ils s’allongèrent doucement sur le lit, s’embrassant passionnément. Scotty enleva lentement sa chemise qui dévoila un torse musclé, et commença à embrasser Lilly dans le cou. Il descendit un peu plus à chaque baiser, jusqu’à arriver au premier bouton de chemisier de Lilly. Il se redressa légèrement et commença à enlever un par un tous les boutons, délicatement, en prenant soin de déposer un baiser sur sa peau de porcelaine à chaque étape. Arrivé au dernier bouton, il déposa un dernier baiser près du nombril de sa dulcinée et remonta plonger son regard dans le sien.
Il commença à écarter un pan de chemise pour découvrir le corps de la belle quand celle-ci arrêta son geste. Surpris, Scotty se redressa et regarda Lilly d’un air étonné.

Scotty : Qu’est ce qui se passe ?
Lilly : Je…
Scotty : J’ai fait quelque chose de mal ?
Lilly (embarrassée) : Non, c’est juste que…

Lilly se redressa et s’assit en tailleur face à Scotty, complètement perdu.

Scotty (inquiet): Qu’est ce qu’il y a Lilly ?

Lilly sentit les larmes monter. L’une d’elle coula le long de sa joue. Scotty vint l’essuyer délicatement du bout des doigts.

Scotty (déboussolé) : Hé…
Lilly (les larmes aux yeux) : Je suis désolée, je…
Scottty : C’est pas grave, calme toi.

Scotty la serra dans ses bras. Lilly se laissa faire. Il ne comprenait pas ce qui avait pu provoquer ces larmes et essaya de questionner la jeune femme.

Scotty (d’une voix rassurante): Tu veux pas me dire ce qui t’arrives ?

Scotty desserra son étreinte et regarda Lilly dans les yeux. Celle-ci paraissait tellement fragile.

Lilly : Je…
Scotty : De quoi tu as peur ?
Lilly : Tu sais…peut être que tu auras plus envie de moi si tu enlève cette chemise.
Scotty : Pourquoi je n’aurais plus envie de toi ? Lilly, tu es magnifique.

Lilly baissa la tête. Scotty s’approcha et l’embrassa tendrement. Il plongea son regard dans les yeux embués de Lilly.

Scotty : Tu as confiance en moi ?

Lilly le regarda intensément et hocha la tête après quelques secondes. Scotty sourit et l’embrassa à nouveau. Il se recula légèrement, et sa main fit glisser délicatement la chemise de ses épaules. Scotty remarqua la cicatrice laissée par la brûlure de cigarette et l’effleura du bout des doigts. Lilly baissa la tête, comme honteuse d’elle-même. Scotty le remarqua et il vint poser un baiser sur la cicatrice de la jeune femme. Puis il lui releva le menton et la regarda dans les yeux.

Scotty : Tu es superbe et j’ai vraiment envie de toi.
Lilly : …merci.

Scotty la prit dans ses bras et sa main fit glisser la chemise le long du dos de Lilly. Scotty lui posa un baiser dans le cou, tandis ses mains parcouraient le dos de la jeune femme. Ses doigts passèrent rapidement sur une autre cicatrice, au niveau de l’omoplate. Intrigué, il repassa sa main sur la peau marquée de Lilly.

Scotty (à lui-même mais à voix haute) : T’as pas été blessée à l’omoplate cette nuit là…
Lilly (qui avait entendu Scotty) : Ca dépend de quelle nuit tu parles…

Scotty se rendit compte qu’il avait parlé à voix haute et qu’il s’agissait d’une blessure provenant de son agression étant enfant. Conscient de son erreur, il regarda Lilly dans les yeux. Celle-ci lui fit un maigre sourire.

Scotty : Lilly, je suis désolé…
Lilly (les larmes aux yeux) : Tu veux toujours de moi ? Parce qu’il risque d’y en avoir encore quelques unes.

Scotty lui lança un regard remplit de compassion et d’amour. Il écarta une mèche blonde cachant ses yeux mouillés et prit délicatement le visage de Lilly dans ses mains.

Scotty : Je t’aime Lilly…

Il l’embrassa tendrement et vint poser son front contre le sien, plongeant son regard dans celui de la jolie blonde.

Lilly : Merci…
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MessageSujet: Re: Douloureuses retombées (terminée)   Dim 3 Fév - 21:00

« Elle a raison ! Approchez Scotty, venez nous rejoindre ! ». La voix de Zach résonnait dans la pièce, se mêlant aux propres cris de douleur de la jeune femme. La corde se serra d’un coup sec.

Lilly se réveilla en sueur, cherchant sa respiration. Elle mit quelques secondes à réaliser qu’elle était dans son lit. Elle essaya de se calmer tant bien que mal, quand un léger grognement la fit sursauter. Elle se tourna lentement et aperçut Scotty, endormi à côté d’elle. Elle prit une grande inspiration et ferma les yeux un instant, cherchant à chasser les images qui hantaient son esprit, en vain. Lilly ouvrit doucement les yeux et regarda Scotty dormir paisiblement. Il avait l’air si calme et si tranquille. Un peu plus tôt, il la couvrait de caresses et de baisers, la rendant heureuse et lui faisant tant de bien. Pourquoi se sentait elle si mal à présent ? Elle aurait voulu se lover dans ses bras mais l’idée de troubler son sommeil et la peur qu’il s’inquiète pour elle à nouveau, l’en empêchèrent. Elle n’avait aucune envie de le réveiller et encore moins de lui parler de ce cauchemar. Elle soupira et regarda le réveil qui indiquait 4h19. Encore deux heures et demie avant qu’il ne sonne et ne réveille Scotty. Lilly avait trop peur de se rendormir et de se retrouver seule face à Zach. Elle décida de rester éveillée en attendant que la sonnerie du réveil retentisse.

6h01. Les cris et la voix de Zach étaient toujours là. Les yeux rivés sur le plafond, Lilly semblait à la fois exténuée et apeurée. Tant pis pour le réveil, elle ne pouvait plus rester allongée, il fallait qu’elle se change les idées. Elle se leva doucement, en prenant soin de ne pas réveiller son coéquipier et enfila quelque chose avant de sortir de la chambre.


Scotty émergea de son sommeil tranquillement, le sourire aux lèvres. Il avait passé l’une des plus belles nuits de sa vie en compagnie de la femme qu’il aimait le plus au monde. Aussi fut il surprit, lorsqu’il se retourna pour enlacer la belle, de trouver une place inoccupée à côté de lui.

Scotty (légèrement inquiet) : Lilly ?

Il scruta la chambre, vide. Il se leva et enfila son pantalon avant de se diriger vers la cuisine. Il découvrit, avec un certain soulagement, Lilly en train de préparer le petit déjeuner. Il prit un instant pour regarder la jolie blonde s’affairer autour de la table et s’appuya sur le mur, sourire aux lèvres.

Scotty : Déjà debout ?

Surprise, Lilly se retourna. Elle esquissa un sourire en voyant Scotty, torse nu, appuyé sur le mur. Celui-ci s’approcha doucement, passa un bras autour de la taille de Lilly et vint déposer un baiser sur ses lèvres.

Scotty : Bonjour…
Lilly (souriant) : Bonjour…

Ils restèrent un moment collés l’un à l’autre, les yeux plongés dans le regard de l’autre.

Scotty : Bien dormi ? T’as l’air fatiguée.
Lilly (se desserrant légèrement) : Euh…oui. Enfin non, ça va. Tu veux du café ?

Elle avait dit ces derniers mots en se dirigeant vers la cafetière, et en évitant le regard de Scotty. Ce dernier n’était pas dupe et se rendit compte que quelque chose la troublait. Pendant qu’elle servait le café, il s’assit tranquillement à la table et attendit qu’elle soit installée face à lui pour parler.

Scotty (entre deux gorgées de café) : Y a quelque chose qui va pas ? T’as l’air…..contrariée.
Lilly : Non, ça va, ne t’inquiète pas. Tu devrais te dépêcher, tu vas être en retard au boulot.
Scotty (finissant sa tasse) : Ouais…

Scotty fila sous la douche et ressorti dix minutes plus tard, costume sur le dos. Lilly l’attendait près de la porte d’entrée, son manteau à la main.

Scotty (en plaisantant) : Tu me jettes dehors ?
Lilly (lui tendant son manteau) : Bien sûr que non…
Scotty : Ah, j’ai eu peur…

Scotty finissait d’enfiler son manteau, sous le regard légèrement inquiet de Lilly.

Lilly : Euh….Scotty ?
Scotty : Oui ?
Lilly : Je préférerais que les autres ne soient pas au courant pour…
Scotty (lui déposant un baiser sur le front) : Ne t’inquiète pas, je ne leur dirais rien.
Lilly : Merci…
Scotty (sourire aux lèvres) : Je te vois ce soir ?
Lilly : Je serais là.

Scotty sentait que Lilly n’était pas tranquille et tenta de la rassurer en l’embrassant passionnément. Ce qu’il réussi, puisque la jeune femme semblait à présent apaisée.

Scotty : A ce soir.


Scotty arriva au Central sur un nuage, le sourire aux lèvres, en pensant à Lilly. Ce qui n’échappa pas à Nick, qui ne put s’empêcher de faire une remarque.

Nick (à Will) : J’en connais un qui a dû passé une soirée mémorable.
Will : Eh Scotty ! Qu’est ce qui te met de si bonne humeur ?
Scotty (se rendant compte de son air idiot d’amoureux transi) : Quoi, j’ai pas le droit d’être content de venir travailler ?
Nick (sourire narquois) : Ouais, c’est ça…

Leur discussion fut interrompue par l’arrivée de Stillman.

Stillman : On a une nouvelle affaire. Alyson Kelmer, retrouvée morte en 1981 à l’est de Philadelphia. On vient de recevoir un coup de fil anonyme. Il se pourrait bien qu’on ait de nouveaux éléments.
Nick (jetant un coup d’œil à Scotty) : Une nouvelle affaire. J’en connais un qui doit être ravi !

Scotty préféra ne pas répondre et chacun se mit au travail. Il allait s’asseoir à son bureau quand son supérieur l’interrompit.

Stillman : Valens. Je peux vous parler un instant ?
Scotty (surpris) : Euh, oui. J’arrive chef.


Stillman ferma la porte de son bureau derrière Scotty. Il avait l’air plutôt inquiet et préoccupé.

Scotty (intrigué) : Alors ?
Stillman (soucieux) : Vous avez des nouvelles de Lilly ?
Scotty : Euh…oui, elle est sortie de l’hôpital hier.
Stillman : Et comment va-t-elle ?
Scotty (pas convaincu) : Ca a l’air d’aller…
Stillman (inquiet) : Bien. Vous ne lui avez rien dit ?
Scotty (tout à coup très sérieux) : Non.
Stillman : Je préférerais qu’elle ne sache rien.
Scotty : D’accord. Les autres sont au courant ?
Stillman : Moins de gens sauront, mieux ce sera. Vous pouvez y aller.
Scotty : Bien.
Stillman : Et Scotty ?
Scotty : Oui ?
Stillman : Prenez soin d’elle, d’accord ?
Scotty : Je le ferais chef.

Scotty sortit du bureau de son supérieur et se remit au travail.



La nuit était tombée. Lilly attendait en vain, assise sur son canapé, une couverture sur les épaules. Elle avait passé la journée à faire les cent pas et à tourner dans son appartement. Sa jambe la tiraillait un peu, et elle s’était installée sur le divan, se massant doucement la cuisse. Elle entendit frapper, stoppa immédiatement son geste et se dirigea vers l’entrée tranquillement. Elle ouvrit la porte et découvrit Scotty, tout sourire, une pizza à la main.

Scotty : Je savais pas si tu avais mangé alors…

Lilly lui rendit son sourire et le laissa entrer. Scotty déposa la pizza sur la table et enleva son manteau, qu’il posa sur le dossier d’une chaise. Lilly le suivait de près, l’air curieuse.

Lilly : Alors ? Vous êtes sur une enquête ?
Scotty (fatigué, s’appuyant sur le dossier de la chaise): Ouais, le meurtre d’une jeune fille de 17 ans. On a reçu un coup de fil anonyme et on reprend l’enquête.
Lilly (prenant son ton d’inspectrice): Le meurtre a eu lieu quand ?
Scotty (souriant) : Lilly… On va pas parler boulot, si ?

Devant la mine déçue de la jeune femme, il se résolut à parler de l’affaire. Elle avait dû tourner en rond dans son appartement pendant des heures et il savait que le boulot lui manquait. Et il préférait lui parler en sécurité chez elle, plutôt que de la voir à nouveau sur le terrain.

Scotty (soupirant): Bon, d’accord… Mais on mange en même temps, parce que là, j’ai vraiment faim !

Lilly le gratifia d’un sourire pour le remercier et ils s’installèrent à table.
Après avoir discuté de l’enquête et des potins du central pendant plus d’une heure, et une fois la pizza terminée, Scotty se leva et mit la main sur son manteau, prêt à le prendre.

Lilly (surprise et déçue) : Tu pars ?
Scotty (enlevant la main de son manteau) : Euh… en fait je ne savais pas si…

Lilly se leva, s’approcha de lui et l’embrassa tendrement.

Lilly (les yeux pétillants) : Ca répond à ta question ?
Scotty (souriant) : Je crois que oui.

Ils s’enlacèrent tendrement et s’embrassèrent à nouveau.


Une semaine passa. Lilly commençait sérieusement à s’ennuyer à ne rien faire, à part attendre le retour de Scotty, la nuit tombée. Chaque soir, il revenait du boulot et il lui parlait de l’avancée de l’enquête. Même si elle n’était pas en service, Lilly s’obstinait à tout savoir, et réfléchissait de son côté, partageant ses théories avec Scotty, autour de la table. Et chaque soir, ils passaient la nuit ensemble, dévorés d’amour l’un pour l’autre.

Lilly continuait à faire des cauchemars, mais elle n’en avait toujours pas parlé à Scotty. Une nuit, il s’était réveillé seul. Intrigué, il s’était levé et avait trouvé Lilly dans la salle de bain, se passant de l’eau sur le visage, l’air apeuré. Il avait essayé de la questionner mais obtint pour seule réponse qu’elle avait juste besoin de se rafraîchir un peu. Les autres fois, il la découvrait en sueur et tremblant de peur dans son lit. Elle restait tournée vers le mur, espérant que Scotty dormait tranquillement de son côté. Scotty ne voulait pas la brusquer et se contentait d’attendre qu’elle se rendorme, l’air inquiet. Il avait essayé de lui parler de ces cauchemars au matin, mais elle niait tout en bloc et se réfugiait dans sa tasse de café. Il n’avait pas insisté mais chaque nuit il était réveillé par ses faibles gémissements plaintifs, ce qui l’angoissait de plus en plus.

Ce matin là, elle s’était levée la première, comme d’habitude. Scotty l’avait rejoint à la cuisine, pour prendre son petit déjeuner. Bizarrement, elle avait troqué sa tenue décontractée pour un tailleur sombre, comme si elle s’apprêtait à partir travailler.

Scotty (intrigué) : Salut…
Lilly : Dépêche toi Scotty, on va être en retard.
Scotty (manquant de s’étouffer avec son café) : « On » ?

Lilly posa sa tasse dans l’évier et se dirigea vers sa chambre. Scotty se leva et la rejoint.

Scotty : Attends Lilly, c’est une blague ?
Lilly (faussement étonnée): De quoi tu parles ?
Scotty (inquiet) : Ca fait une semaine que tu es sortie de l’hôpital, tu vas pas reprendre…
Lilly (le coupant) : Je me sens bien Scotty.

Scotty resta un instant bouche bée. Lilly avait complètement changée d’attitude par rapport à la veille. Elle était distante, et semblait tout faire pour l’éviter.

Scotty (surpris et énervé) : Enfin, tu peux me dire ce qui t’arrives ?
Lilly (sans le regarder) : Rien. Je reprends juste le boulot.

Elle passa devant lui en le frôlant et sortit de la chambre sans lui adresser un regard. Toujours torse nu et en pantalon, Scotty tenta de la rattraper avant qu’elle ne franchisse la porte d’entrée. Elle avait déjà prit son manteau, et Scotty dû se mettre devant la porte pour l’empêcher de passer.

Lilly (énervée) : A quoi tu joues ?
Scotty (plantant son regard dans le sien): C’est plutôt à toi de me le dire.
Lilly (tendue) : Laisse moi passer Scotty.
Scotty (d’une voix calme) : Tu veux prouver quoi ? Que t’arrives à tout surmonter, que tu es la plus forte ?
Lilly : Ca n’a rien à voir….
Scotty (commençant à s’énerver) : Ah oui ? Et si on parlait de ces cauchemars ?
Lilly (évitant son regard) : Je ne fais pas de cauchemars.
Scotty : Lilly, regardes toi, tu es épuisée.

Lilly ne répondit pas et se contenta de lancer un regard noir à son coéquipier. Elle posa la main sur la poignée de porte et fixa Scotty dans les yeux.

Lilly (ton décidé) : Laisse moi passer.

Scotty préféra se desserrer, et la laissa franchir le seuil, à son grand regret. Lilly se dirigea vers sa voiture et se retourna vers Scotty avant d’ouvrir sa portière.

Lilly : T’as qu’à fermer et tu me rendra les clés au Central.

Elle entra dans sa voiture et démarra. Scotty regarda Lilly s’éloigner et rentra à l’intérieur se préparer, en secouant la tête.
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MessageSujet: Re: Douloureuses retombées (terminée)   Dim 3 Fév - 21:01

Lilly arriva au Central peu de temps après, et son entrée dans le service fut remarquée. Au moment où elle franchissait la porte du bureau, Nick, qui buvait un café, manqua de s’étouffer. Will parut tout aussi surpris de la voir et mit quelques secondes avant de réagir.
Lilly fut étonnée par la réaction de ses collègues, ils paraissaient troublés et gênés de la voir. Elle se décida à briser le silence.

Lilly (sur le ton de la plaisanterie) : Alors ? C’est comme ça que vous m’accueillez ?
Will (se levant pour aller la saluer) : Désolé, c’est juste que…
Nick (toujours assis) : On t’attendait pas de sitôt !

Will s’approcha de Lilly et posa une main amicale sur son épaule. Nick se leva de sa chaise, se dirigea vers la cafetière et servit un café dans une tasse. Puis il s’avança vers eux.

Will (souriant) : Content de te revoir Lil’.
Lilly : Merci Will.
Nick (lui tendant la tasse) : Je te préviens, le café est toujours aussi mauvais. Mais y a rien de tel pour commencer la journée !

Lilly le remercia d’un sourire et prit la tasse. Stillman fit son entrée dans la pièce, l’air toujours aussi sérieux. Son regard s’arrêta sur Lilly, puis il jeta un bref coup d’œil aux autres membres de l’équipe. Lilly remarqua que Will et Nick avaient changé d’expression, et semblaient tout à coup tendus. Devant le silence légèrement pesant, Lilly décida de prendre la parole.

Lilly : Bonjour chef.
Stillman (ton moralisateur) : Vous devriez être chez vous en train de vous reposer.
Lilly (surprise) : Je… Je me sens prête.
Stillman (ton dur) : Vous croyez ?

Lilly s’apprêtait à répondre quand Scotty entra dans le bureau, essouflé. Stillman lui jeta un regard noir. Scotty voulu s’expliquer mais avant même qu’il ait ouvert la bouche, Stillman prit la parole.

Stillman (tendu) : Vous êtes en retard.
Scotty (cherchant une excuse) : Je..euh…désolé…je…

Scotty jeta un regard à Lilly, qui n’avait même pas réagit à son arrivée. Elle se contentait d’attendre les bras croisés, le regard vers le sol. Will et Nick observaient la scène sans se faire remarquer.

Stillman (toujours aussi froid) : Bien. Puisque tout le monde est là, on va pouvoir commencer. Une arme ayant servie à un meurtre de 1962 vient de réapparaître sur le marché. Il semblerait qu’elle ait aussi été utilisée dans une affaire de braquage à main armée. Vera, Jeffries, allez interroger le prêteur sur gages qui a acheté l’arme. Il est à deux pas d’ici. Peut être qu’il pourra identifier le vendeur.
Nick (bien content d’échapper à l’ambiance glaciale de la salle) : On est partis !

Will et Nick sortirent de la salle sous le regard de Lilly. Stillman fixait durement Scotty, comme s’il allait le réprimander.

Stillman : Valens, dans mon bureau.

Stillman partit le premier dans son bureau. Surprise par la réaction de son supérieur, Lilly lança un bref regard interrogateur à Scotty, qui paraissait tout aussi étonné. Puis, ne voulant pas engager la conversation avec son coéquipier, elle s’installa à son bureau, faisant mine de chercher quelque chose sur son ordinateur. Scotty avait espéré un peu de soutien de sa part, mais voyant l’indifférence avec laquelle elle lui passa devant, il sentit la colère monter.
Il lui jeta un regard furieux puis se dirigea vers le bureau de Stillman.


Scotty entra dans le bureau et se retrouva debout, face à Stillman. Celui-ci avait toujours l’air d’aussi mauvaise humeur. Il jeta un bref regard en direction de Lilly, et voyant que celle-ci leur tournait le dos, il lâcha un grand soupir. Scotty comprit tout de suite que cette entrevue n’avait rien à voir avec son retard et commença à se détendre. Stillman leva le regard vers le jeune homme.

Stillman (inquiet) : Elle n’aurait pas dû reprendre si tôt.
Scotty (soupirant) : Je sais. Mais vous connaissez Lilly…
Stillman : Je ne veux pas qu’elle se doute de quelque chose.
Scotty : Il faudra bien lui annoncer un jour ou l’autre.
Stillman (soucieux) : J’en ai bien conscience.
Scotty : Si vous la laissez sur la touche, elle risque de se rendre compte de quelque chose.
Stillman : C’est trop tôt pour la renvoyer sur le terrain…
Scotty : Les autres sont au courant ?
Stillman : Je leur en ai parlé hier.
Scotty : Il vaudrait mieux qu’elle ne reste pas trop au Central, l’ambiance risque d’être assez pesante.


Lilly observait la discussion du coin de l’oeil. Scotty et Stillman discutaient, mais ils semblaient tous deux préoccupés. Stillman tourna la tête dans sa direction et croisa son regard. Il avait l’air à la fois inquiet et énervé. Scotty avait quand a lui baissé la tête comme s’il se sentait coupable de quelque chose.

Stillman (regardant à nouveau Scotty) : D’accord. Mais elle ne va nulle part sans vous.
Scotty (hochant la tête) : Bien.
Stillman : Maintenant sortez de mon bureau en ayant l’air furieux.


Lilly observa Scotty, baissant la tête et revenant dans la salle, l’air furieux. Il s’assit à son bureau, posa ses coudes sur le rebord et plongea sa tête entre ses mains. Lilly commença à s’inquiéter, non pas pour Scotty (elle était en froid avec lui depuis le matin), mais de l’attitude de Stillman. Lancer un regard noir à un membre de l’équipe qui arrive en retard était normal, mais le faire passer dans son bureau… Elle fut sortie de ses pensées par la sonnerie de portable de Scotty. Il mit un moment à réagir et décrocha rapidement.

Scotty : Valens. Ok. Attends, je note…. Merci.

Scotty se leva de sa chaise et enfila son manteau, sans apercevoir Lilly qui s’approchait rapidement dans son dos. Elle profita de l’occasion et saisit le morceau de papier sur lequel Scotty venait d’écrire.

Lilly : « Garage Moreno »…

Elle n’eut pas le temps de lire la suite de l’adresse, Scotty lui arrachant le papier des mains, l’air furieux. Lilly lui lança un regard emplit de colère, et resta quelques secondes à le fixer.
Stillman qui avait observé toute la scène depuis son bureau, intervint.


Stillman : On peut savoir ce qui se passe ?
Lilly (ne quittant pas Scotty des yeux) : Rien.
Stillman : Alors au travail.

Lilly prit son manteau et sortit de la salle d’un pas pressé. Scotty soupira et tourna la tête vers son chef. Stillman lui adressa un signe de la tête, lui faisant bien comprendre qu’il devait à tout prix garder le contrôle. Scotty sortit à son tour du bureau.




Le trajet se passa dans une ambiance des plus glaciales. Aucun des deux inspecteurs ne prononça un mot, chacun se contentant de regarder droit devant soi. Leur voiture entra dans la cour du garage Morino, et se gara sur le côté. Scotty eut à peine le temps de couper le contact que Lilly ouvrait déjà la portière et sortait de la voiture. Il grommela et sortit à son tour.

Lilly était déjà en train de parler avec le patron de l’atelier, un type aux tempes grisonnantes, mal rasé, et lui demandait où trouver Phillip Ritter. Le gérant lui indiqua un poste de travail situé à l’arrière du garage. Lilly le remercia et se dirigea conformément à ses indications. Scotty pressa le pas pour rattraper sa coéquipière, et arrivé à sa hauteur, il lui jeta un regard noir.

Scotty : Tu aurais pu m’attendre…
Lilly (ne faisant pas attention à lui) : Ca doit être ce gars.

Lilly s’approcha lentement d’une vieille voiture grise sur laquelle était en train de travailler un homme en bleu de travail, la tête plongée dans le moteur. Il était tellement gringalet que la voiture semblait l’avoir à moitié avalé. Il portait une casquette de base-ball pleine de cambouis enfoncée sur son crâne rasé et n’aperçut même pas l’arrivée des deux inspecteurs.

Lilly (montrant sa plaque) : Phillip Ritter ?
Phillip (ne levant pas la tête) : Ouais ?
Lilly : Inspecteurs Rush et Valens de la criminelle. On aurait quelques questions à…

Lilly n’eut pas le temps de finir sa phrase. Phillip avait prit peur et avait commencé à courir. Lilly et Scotty s’élancèrent à sa poursuite, la jeune femme précédant son coéquipier. Phillip traversa l’atelier à toute allure, slalomant entre les carburateurs posés au sol et ses collègues intrigués. Lilly commençait à sentir la douleur dans sa jambe se réveiller mais elle refusa de lâcher et continua sa course. Phillip entra dans une petite pièce qui ressemblait à une réserve, et tourna brièvement la tête, juste pour apercevoir l’inspecteur Rush quelques mètres derrière lui. Il continua d’avancer et attrapa un chariot de pièces détachées qu’il mit en travers de son chemin. Emportée par son élan, Lilly ne put éviter l’obstacle et le percuta de plein fouet. Scotty vit sa coéquipière tomber au sol et se précipita vers elle.

Scotty (inquiet): Lilly ! Ca va ?
Lilly : Ca va , rattrape le !

Devant le regard insistant de la jeune femme, Scotty reprit sa course. Phillip sortit par la porte de derrière et arriva dans une petite cour grillagée. Scotty franchit la porte à son tour et trouva Phillip en train d’essayer d’escalader la grille. Il le saisit par les jambes et le tira au sol. Phillip lâcha prise et tomba par terre. Scotty le prit par le col, le releva et le plaqua contre le grillage.

Scotty (prenant les menottes à sa ceinture) : Fini de jouer ptit malin !
Phillip (apeuré, les mains en l’air) : C’est bon ! Je suis désolé ! J’ai rien fait ! Je suis désolé !
Scotty (lui passant les menottes) : C’est bon, ferme là.
Phillip : J’ai rien fait ! Me tuer pas ! S’il vous plaît ! Me tuer pas !
Scotty (surpris) : Je vais pas vous tuer…

Phillip tremblait de peur. Scotty remarqua qu’il fixait quelque chose derrière son épaule. Intrigué, il se retourna et sursauta.

Phillip (les larmes aux yeux) : Je veux pas mourir, s’il vous plait !

Lilly était debout, braquant son arme vers Phillip. Elle était en sueur et tremblait à moitié.
Scotty se tourna lentement vers elle et la regarda dans les yeux. Elle était remplie de colère et fixait Phillip d’un regard noir.

Scotty (d’une voix calme) : Ok…C’est bon Lilly….Baisse ton arme…

Lilly ne réagit pas. Ses mains tremblaient, elle semblait complètement ailleurs. Scotty s’approcha doucement d’elle, pas à pas. Il ne fallait pas que la situation dégénère.

Scotty : Phillip, ne bougez pas. Lilly… regarde moi. Lilly…

Lilly avait les larmes aux yeux. La chute n’avait pas seulement réveillé la douleur dans sa cuisse, mais avait fait remonter tous les sentiments de haine qu’elle avait jusque là réprimer.
Scotty se dégagea de la ligne de tir, et continua d’avancer doucement. Il posa la main sur le canon du revolver et plongea son regard dans celui de la jeune femme.

Scotty : Lilly….C’est terminé… Tout va bien, d’accord ?

Lilly reprit son souffle peu à peu et baissa doucement son arme vers le sol. Soulagé, Scotty soupira et se retourna vers Phillip, prostré à terre, terrifié.

Scotty finit d’interroger Phillip, qui se révéla être un simple trouillard légèrement paranoïaque, au mauvais endroit au mauvais moment. Il avait trouvé l’arme dans une poubelle et s’était dit qu’il pourrait se faire un peu d’argent en la revendant à un prêteur sur gages. Après avoir récupérer ses menottes, Scotty se dirigea vers sa voiture, où Lilly l’attendait, assise, les yeux dans le vide.
Il entra dans le véhicule et soupira. Il avait eu une de ces frayeurs. Si elle avait tiré, Dieu seul sait ce qui aurait pu arriver. Soudain, tout le sang froid dont il avait fait preuve quelques minutes plus tôt s’envola, et il entra dans une colère noire.

Scotty (furieux) : Tu peux me dire ce qui t’as prit ??? T’aurais pu le tuer ! Non mais qu’est ce qui va pas chez toi ???

Lilly ne répondit pas. Elle savait que quoiqu’elle dise, Scotty serait toujours furieux après elle.

Scotty : C’est pas vrai Lilly….
Lilly (sur la défensive) : Je suis désolée, ça te va ?
Scotty (interloqué) : Quoi ?? Non ça me va pas !!
Lilly (en colère, le regardant) : Et ben faudra t’en contenter ! J’ai merdé, d’accord ? Maintenant ça va !

Surpris qu’elle réagisse aussi violemment, Scotty resta sans voix. Il essaya de se calmer et tenta une approche différente. Lilly avait tourné la tête vers la fenêtre, évitant le regard de son partenaire.

Scotty (plus calme, mais toujours tendu) : T’as rien de cassé ?
Lilly (les larmes aux yeux) : Je vais bien…
Scotty (levant les yeux au ciel) : Ben voyons…

Il sentait que Lilly était à fleur de peau. Il voulait qu’elle craque, qu’elle lâche enfin ce qu’elle avait sur le cœur depuis si longtemps, qu’elle s’autorise à être vulnérable. Il approcha sa main et tourna le visage de Lilly vers lui, la regardant dans les yeux . Lilly eut un mouvement de recul, refusant tout contact. Elle baissa la tête, et laissa une larme couler le long de son visage. Scotty soupira et mit le contact. Lilly se tourna vers la fenêtre et regarda au dehors. La voiture démarra.
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MessageSujet: Re: Douloureuses retombées (terminée)   Dim 3 Fév - 21:01

Ils arrivèrent devant le Central quelques minutes plus tard. Scotty coupa le contact et se tourna vers Lilly, inquiet. Celle-ci évitait toujours son regard.

Scotty : Il va falloir que tu en parles au chef.
Lilly (regardant toujours au dehors) : Je sais.
Scotty (ouvrant sa portière) : J’espère que tu le feras.



Scotty entra en premier dans le service, d’un pas décidé. Il enleva son manteau rapidement et le jeta sur sa chaise avant de se diriger vers la cafetière pour se servir une tasse.
Will et Nick étaient installés à leur bureau respectif et échangèrent un regard intrigué devant l’attitude du jeune inspecteur. Will se décida à se lever et se dirigea vers Scotty, qui fixait le mur en remuant nerveusement son café.

Will : Ca va ?
Scotty (les dents serrées) : Ouais.
Will (regardant autour de lui) : Où est Lilly ?
Scotty (buvant une gorgée) : Elle arrive.

Lilly entra en effet dans le bureau, sous le regard de ses collègues. Will resta près de Scotty et ils continuèrent de parler à voix basse. Nick remarqua qu’elle boitillait légèrement, mais resta silencieux. Stillman regarda Lilly avancer et sortit de son bureau.

Stillman : Rush. Dans mon bureau.

Lilly lança un regard noir vers Scotty. Ce traître l’avait dénoncé derrière son dos, il n’avait même pas attendu qu’elle arrive dans le bureau pour s’expliquer. Furieuse, elle passa devant son supérieur, qui lui tenait la porte. Stillman ferma la porte et se tourna vers Lilly. Celle-ci ne prit même pas la peine de s’asseoir ni d’attendre que son patron lui pose une seule question.

Lilly (énervée) : Alors ? Qu’est ce qu’il vous a dit ?
Stillman (intrigué) : De quoi vous parlez ?
Lilly : Scotty.
Stillman : J’ignore ce qui se passe entre vous et je ne veux pas le savoir.
Lillly (surprise) : Alors…pourquoi vous voulez me voir ?
Stillman : Vu l’état dans lequel vous êtes, j’ai bien fait de vous convoquer.
Lilly (sur la défensive) : C'est-à-dire ?
Stillman (sérieux) : Lilly, vous n’êtes pas prête…
Lilly (lui coupant la parole) : Je vais bien !
Stillman (haussant le ton) : Vous êtes épuisée, en colère et maintenant vous boitez !

Stillman plongea son regard si dur dans celui de Lilly. Il savait qu’elle lui cachait la vérité. Lilly lui tint tête un instant puis détourna le regard et baissa la tête. Stillman culpabilisait d’employer un ton aussi dur mais il savait que se montrer ferme était la seule façon de se faire obéir par Lilly.

Stillman (ton froid) : Vous allez prendre quelques jours de congés et on reparlera de tout ça plus tard.
Lilly : Je…
Stillman (sèchement) : Et ça prend effet immédiatement. Rentrez chez vous Lilly.



Lilly sortit du bureau comme une furie et alla directement vers Scotty, qui s’était installé à son bureau. Elle ne fit même pas attention à Will et Nick qui étaient dans la pièce.

Lilly (furieuse) : C’est quoi ton problème ?
Scotty (interloqué) : Quoi ?
Lilly (entre ses dents) : T’es vraiment qu’un enfoiré…


Lilly se retourna et sortit de la salle. Intrigué, Scotty regarda brièvement ses collègues, qui ne semblaient guère en savoir plus que lui. Il se leva de sa chaise rapidement et sortit à son tour. Il la rattrapa dans le hall d’entrée, juste avant qu’elle ne sorte du bâtiment.

Scotty (la saisissant par la bras): Hé ! Je peux savoir ce qui te prend ?
Lilly (se retournant face à lui) : Et t’as le culot de me le demander en plus !
Scotty : De quoi tu parles ?
Lilly (énervée) : Stillman.
Scotty (sur la défensive): Je lui ai rien dit.
Lilly : Bien sûr…
Scotty (tendu): Mais j’aurais peut être dû le faire.
Lilly (les larmes aux yeux) : Je pensais pouvoir te faire confiance…
Scotty (énervé) : Et qu’est ce que je devrais dire moi ?

Ils se regardèrent un instant, immobiles. Lilly baissa la tête, et Scotty soupira.

Scotty (plus calme): Ecoute, je te jure que je ne lui ai rien dit. Qu’est ce qu’il voulait ?
Lilly (toujours la tête baissée) : Il m’a dit de rentrer chez moi et de prendre quelques jours de congés.
Scotty : Bien… Tu pourras te reposer et reprendre des forces.
Lilly (levant la tête vers lui) : Ca va.
Scotty : Non ça ne va pas. Tu es épuisée, tu fais des cauchemars toutes les nuits…
Lilly (tendue) : Pour la dernière fois, je ne fais pas de cauchemars.
Scotty : Tu te réveilles en sueur, tu trembles…
Lilly (baissant la tête) : C’est faux…
Scotty : Je te rappelle que je dors avec toi.
Lilly (le regardant dans les yeux) : Et bien peut être qu’il faudrait que tu arrêtes.

Ces derniers mots avaient frappés Scotty directement au cœur. Il était resté là sans répondre, cherchant une explication dans les yeux embués de la jeune femme qui le fixaient. Lilly resta quelques secondes immobile puis sortit du bâtiment, laissant Scotty désemparé, seul au milieu du hall.



Ce soir là, Lilly passa la nuit seule dans son lit. Et une fois encore, elle se réveilla terrifiée. Elle aurait voulu que Scotty soit présent à ses côtés pour la rassurer. Elle se leva et rassembla ses esprits, séchant ses larmes. Elle n’allait pas se laisser abattre, oh non, elle allait leur montrer à tous combien elle était forte et comment elle pouvait s’en sortir seule. Bien qu’il ne fût que 5h du matin, elle décida de se lever et de préparer pour aller au Central. Bien sûr, Stillman lui avait ordonné de rester chez elle. Mais Lilly ne tenait pas en place, il fallait qu’elle travaille, qu’elle soit sur une enquête pour éviter de repenser à son agression. Parce que quand elle se retrouvait seule chez elle, dans cet appartement vide et silencieux, elle ne pouvait empêcher les mauvais souvenirs de remonter à la surface.


Lilly arriva la première au bureau. Lorsque Stillman la vit entrer dans le service, il ne put s’empêcher d’être furieux et sortit de son bureau.

Stillman (ton glacial) : Vous n’avez rien à faire ici Rush !

Lilly ignora complètement son supérieur, ce qui le rendit encore plus furieux. Elle avait décidé de jouer les fortes têtes, au grand désespoir de Stillman. Celui-ci s’approcha d’elle, et elle daigna lever la tête.

Stillman (en colère) : Je peux savoir pourquoi vous êtes là ?
Lilly (limite insolente) : Rien ne m’empêche de passer mes jours de congés au Central, si ?
Stillman (mâchoire crispée) : Dans mon bureau. Tout de suite.

Lilly soupira et suivi malgré elle son supérieur. Stillman était passablement énervé. Il savait qu’elle ferait tout pour revenir, quoiqu’il en coûte, mais il savait également que tout ça n’était qu’une façade, et qu’elle était bien plus fragile que ce qu’elle voulait admettre.

Stillman (énervé) : A quoi vous jouez Lilly ?
Lilly (tenant tête) : A rien. Et vous ?
Stillman (tendu) : Je vous avais dit de rester chez vous. Qu’est ce que vous faites là ?
Lilly : On joue au jeu des questions réponses ? Très bien. L’autre jour, vous avez convoqué Scotty dans votre bureau, et je sais que ce n’est pas à cause de son retard ! Alors pourquoi ?

Elle avait sorti ça d’un bloc, sans prendre le temps de respirer. Stillman fut surpris par une telle réaction. C’est la première fois qu’il la voyait aussi directe et énervée. Il y eu un moment de panique dans ses yeux, ce qui n’échappa pas à Lilly. Mais il reprit aussitôt son air froid et dur et planta son regard dans celui de sa jeune recrue.

Stillman : Puisque vous êtes là, vous allez pouvoir commencer vos consultations.
Lilly (intriguée) : Pourquoi vous ne répondez pas à…
Stillman (lui coupant la parole) : Ca suffit Rush ! Sortez de mon bureau et montez au 2ème. Le psy vous attend. Et vous avez intérêt à y aller ou je vous mets à pied pour une durée indéterminée !

Lilly sortit en trombe du bureau de Stillman, claquant la porte derrière elle. Elle ne salua même pas ses collègues, arrivés quelques minutes plus tôt, alors qu’elle était dans le bureau de son supérieur. Ceux-ci furent très surpris de la voir au Central, et encore plus dans cet état.
Lilly sortit de la pièce et bouscula Scotty qui arrivait dans le couloir. Elle ne s’arrêta même pas et continua son chemin. Scotty fut complètement étonné de la voir dans les locaux.

Scotty (soupirant) : C’est pas vrai…


Lorsque Scotty arriva dans le bureau, Nick, et Will se regardaient, inquiets. Stillman avait l’air grave et fit signe à Scotty d’approcher.

Scotty : Qu’est ce qu’elle fait ici ?
Stillman (très préoccupé) : Scotty, l’hôpital m’a appelé ce matin.
Scotty (envahit par l’inquiétude) : Elle…elle sait ?
Stillman : Non.
Scotty (inquiet): Alors qu’est ce qui se passe ?

Stillman regarda tour à tour les membres de son équipe et prit une grande inspiration.

Stillman : Il s’est réveillé.

Le visage de Scotty devint blême. Will ferma les yeux et serra la mâchoire, Nick passa ses mains sur son visage. Ils savaient tous ce que cela impliquait. Lilly ne devait rien savoir, et la pression venait de monter d’un cran.


Quarante minutes plus tard, Lilly revenait de sa séance chez le psy (à qui bien sûr, elle n’avait même pas parlé, se contentant d’attendre que le temps passe, en jouant nerveusement avec ses doigts). Au moins, ça lui avait permit de reprendre ses esprits et de se calmer un peu. Quand elle franchit la porte du bureau, elle sentit tout de suite l’atmosphère tendue qui y régnait. Elle fit quelques pas, et s’assit à son bureau, l’air inquiet. Elle posa son regard sur Nick, qui l’évita aussitôt. Pourquoi était il si nerveux ? Elle tourna la tête vers Will, qui la regardait bizarrement. Scotty, lui, se noyait dans sa tasse de café.

Lilly (intriguée) : Vous pouvez me dire ce qui se passe ?
Will (évitant son regard) : Euh…rien.
Lilly : Ok….

Lily se leva de sa chaise et s’adressa à tout le monde haut et fort.

Lilly : Bon, écoutez, si c’est à cause de mon attitude de ce matin, je vous présente mes excuses.

Personne ne réagit. Lilly chercha une réponse dans les yeux de Scotty qui la fixait, mais elle n’y vit qu’une profonde inquiétude. Le silence commençait sérieusement à devenir pesant. Stillman entra dans la pièce pour désamorcer la situation.

Stillman : Will, Nick, vous devriez aller interroger ce témoin qui était dans la boutique.
Nick : Quel…
Will (lui coupant la parole) : Bien sûr, on y va.

Will jeta un regard à Nick et ils s’empressèrent de partir. Lilly commençait sérieusement à en avoir marre que tout le monde passe son temps à l’éviter. Elle se tourna vers Scotty et Stillman, les bras ouverts.

Lilly : Je peux savoir ce qui se passe ???

Scotty tourna la tête vers Stillman, qui semblait vraiment nerveux. Stillman déglutit avec peine et se tourna vers Lilly.

Stillman (regard compatissant) : Vous devriez rentrer chez vous.
Lilly (interloquée): Quoi ???
Scotty (calme) : Il a raison Lilly, tu devrais….
Lilly (faisant volte face vers Scotty) : Toi la ferme !

Scotty encaissa sans broncher. Mais qu’est ce qu’ils avaient tous ? Stillman n’était même pas intervenu, on dirait qu’il se contentait de regarder. Et pourquoi avaient ils tout à coup l’air aussi calmes et prévenants avec elle ? Qu’est ce qu’ils pouvaient bien lui cacher ?

Stillman (posé et rassurant) : Lilly…Calmez vous…
Lilly (perdue) : Enfin c’est quoi cette mascarade ?

Elle lança un regard noir à Scotty, qui baissa la tête. Cette fois elle en était sûr, il avait tout raconté.

Stillman : Rentrez vous reposer.
Lilly (énervée) : C’est une façon de me dire que je suis suspendue ?
Stillman : Lilly…s’il vous plaît…
Lilly (sourire nerveux) : Bien sûr…


Lilly saisit son arme et sa plaque et les posa brutalement sur le bureau à côté d’elle. Elle prit son manteau et sortit de la pièce, en colère. Scotty voulu la suivre mais Stillman posa une main prévenante sur son épaule et l’empêcha d’avancer.

Stillman : Laissez lui un peu de temps.
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MessageSujet: Re: Douloureuses retombées (terminée)   Dim 3 Fév - 21:02

La nuit était tombée sur Philadelphie. Lilly était à nouveau seule dans son appartement, à ruminer ses pensées, assise sur le canapé. Elle en voulait terriblement à Scotty d’avoir trahit sa confiance, et le fait d’être suspendue la rendait encore plus furieuse. On frappa soudain à la porte. Lilly se dirigea vers l’entrée et ouvrit. Elle vit d’abord Scotty, l’air inquiet, et referma aussitôt la porte. Comment osait il venir chez elle après ce qu’il avait fait ? On frappa à nouveau. Folle de rage, Lilly ouvrit la porte brutalement. Elle allait lui hurler dessus quand elle aperçut Stillman, derrière Scotty. Coupée dans son élan, Lilly referma la bouche et essaya de contenir sa colère. Elle jeta un regard agressif vers son coéquipier.

Lilly (à Scotty) : Tu viens avec une escorte maintenant ?

Scotty voulut répondre mais Stillman passa devant lui et prit la parole.

Stillman (l’air grave) : Il faut qu’on vous parle Lilly.

Lilly hésita un instant, puis se desserra pour les laisser entrer, n’oubliant pas au passage de fusiller Scotty du regard. Stillman et Scotty s’avancèrent jusqu’au canapé. Elle referma la porte et s’avança vers eux.

Lilly (ton cynique) : Je vous en prie, asseyez vous.

Stillman et Scotty s’exécutèrent calmement. Lilly vint se planter devant eux, les bras croisés, le visage crispé.

Lilly (toujours cynique): Je peux savoir ce qui me vaut l’honneur de votre visite ?
Stillman (calme) : Vous devriez vous asseoir.
Lilly (toujours debout) : Quoi, Ritter porte plainte ?
Stillman : Ca n’a rien à voir avec Phillip Ritter.
Lilly (intriguée) : Avec ma suspension alors ?
Stillman : Vous n’êtes pas suspendue.

Lilly commençait à être complètement perdue. Pour lui prouver qu’il disait vrai, Stillman sortit l’arme et la plaque de Lilly et les déposa sur la table basse. Scotty jouait nerveusement avec ses mains, il avait l’air très inquiet. Comprenant qu’il se passait quelque chose de grave, Lilly se calma et finit par s’asseoir. Inquiète, elle regarda tour à tour Stillman et Scotty.

Lilly (hésitante): C’est à propos de Christina ?
Stillman : Non. C’est à propos de vous.

Lilly cherchait à rassembler ses esprits, elle n’arrivait pas à voir où il voulait en venir. Scotty leva la tête et plongea ses yeux dans ceux de Lilly. Lilly sentit un frisson lui parcourir le corps. Jamais elle n’avait vu tant de malaise dans le regard de son coéquipier.

Scotty : Lilly…C’est… (il prit une grande inspiration) Zachary Fersen. Il est en vie. Il vient de sortir du coma.

Pendant un moment, le temps semblait s’être arrêté. Il n’y avait plus de son, les choses devenaient floues. Lilly sentit son cœur rater un battement. Elle était comme tétanisée, incapable de bouger ni de prononcer un mot.

Stillman (inquiet de la voir en état de choc) : Lilly ?

La voix de Stillman paraissait lointaine. Tout à coup, tout revint en même temps : les cris de douleur, la voix grave de Zach, le tic tac du métronome, la détonation. Lilly se sentit submergée par l’émotion, mais elle essaya de tout rejeter en bloc.

Lilly (d’une voix blanche) : Ok (temps d’arrêt). Je vais préparer du café.

Elle se leva assez rapidement, ce qui occasionna un léger malaise, mais elle resta debout et se dirigea vers la cuisine sous l’œil inquiet de Scotty. Celui-ci se leva doucement et s’approcha d’elle. Face à la cafetière, les mains de Lilly tremblaient. Scotty posa délicatement sa main sur les hanches de la jeune femme, qui gardait la tête baissée, encore sous le choc.

Scotty : Lilly ?

Lilly ne bougeait pas. Les larmes avaient commencé à couler le long de ses joues, sa respiration s’était accélérée. Scotty passa sa main dans le dos de Lilly pour finir par entourer son bras autour de sa taille. Au contact de ce geste, Lilly se retourna lentement face à Scotty, posa sa tête contre son torse et se mit doucement à pleurer. Scotty la prit dans ses bras et posa sa tête contre les cheveux blonds de la jeune femme.

Stillman se leva et fit quelques pas en leur direction avant de faire un signe de la tête à Scotty, lui demandant si ça allait. Scotty le regarda et hocha doucement la tête, lui signifiant qu’il prendrait soin d’elle. Stillman sortit de l’appartement, assez chamboulé par ce qui venait de se passer. C’est la première fois qu’il voyait Lilly aussi vulnérable. Et même s’il avait voulu la consoler, il savait que Scotty serait le mieux placé pour le faire.

Dès que Lilly entendit la porte se refermer, les larmes redoublèrent d’intensité. Elle s’était retenue en présence de son supérieur, mais là, seule avec le seul homme qui comptait vraiment pour elle, elle ne put s’empêcher de laisser aller. Ils restèrent un long moment dans les bras l’un de l’autre, Lilly pleurant silencieusement à chaudes larmes, Scotty la serrant aussi fort qu’il le pouvait contre lui.

La nuit était tombée. Scotty avait fini par emmener Lilly dans sa chambre, elle était littéralement épuisée. Elle s’était allongée encore toute habillée, sans un bruit, sans dire un mot. Scotty s’était allongé près d’elle, et instinctivement, Lilly se tourna contre lui, posant sa tête au creux de son épaule. Au bout de quelques minutes, elle s’endormit. Scotty la regarda un instant dormir, puis sombra à son tour dans le sommeil quelques minutes plus tard.

Au milieu de la nuit, Lilly se réveilla en sueur. Encore un cauchemar. Scotty ne semblait avoir rien entendu, par chance. Elle regarda le réveil (qui indiquait 3h27) se calma un instant et prit soudain un air décidé. Elle se leva doucement, prenant soin de ne pas réveiller Scotty et sortit de la chambre sans un bruit.

Un peu plus tard, le bruit d’un scooter résonna aux oreilles de Scotty, qui grogna dans son sommeil. Il ouvrit à moitié les yeux et réalisa l’absence de Lilly. Il se leva doucement, encore à moitié endormi et sortit de la chambre. Il se dirigea vers la salle de bain et frappa à la porte.

Scotty : Lilly ?

Pas de réponse. Il frappa à nouveau puis décida d’entrer. La pièce était vide. Scotty commença à s’inquiéter. Il arriva dans la pièce principale et constata également qu’elle était vide. De plus en plus inquiet, il s’approcha du canapé et prit soudain un air terrifié.

Scotty : Oh non….

Scotty prit son portable et composa un numéro à toute vitesse.


Infirmière (assez pressée) : Attendez… Elle respire ? D’accord. Gardez votre calme monsieur. Je vous envoie une ambulance tout de suite.

L’infirmière raccrocha. La nuit avait été plutôt tranquille jusqu’à présent, mais un accident sur le périphérique avait transformé le hall d’entrée en véritable fourmilière. Des médecins et des infirmières couraient un peu partout, se préparant à recevoir plusieurs blessés graves. Au milieu de la foule, une femme marchait d’un pas décidé et s’approcha du comptoir.
Elle sortit sa plaque et planta son regard dur dans celui de l’infirmière.

Lilly : Inspecteur Rush, Criminelle. Je voudrais le numéro de chambre de Zachary Fersen.
Infirmière (décrochant le téléphone) : Ecoutez, on est débordé là. Attendez un peu.
Lilly (le regard noir) : Si vous ne me donnez pas le numéro de cette chambre maintenant, je vous embarque pour obstruction à la justice.

Prenant peur, l’infirmière stoppa son geste et pianota sur son ordinateur.

Infirmière : Chambre 702, deuxième étage.



Scotty était paniqué. Lilly était partie sans prévenir et elle ne répondait pas sur son portable. Et sa plaque et son arme avaient disparues de la table basse. Il avait tout de suite comprit ce qu’elle comptait faire et s’était précipité dans sa voiture. Il avait roulé aussi vite qu’il avait pu en direction de l’hôpital mais un accident sur le périphérique l’avait obligé à ralentir et il était à présent coincé dans les embouteillages. Il avait essayé d’appeler le standard de l’hôpital mais toutes les lignes étaient saturées. Il enclencha la sirène de son véhicule, se plaça sur la bande d’arrêt d’urgence et fit marche arrière.


Lilly arriva dans un couloir sombre et vide. Tout le personnel était dans le hall en train d’accueillir les premiers blessés. Seul un policier était placé en faction devant la chambre 702. Au fur et à mesure qu’elle avançait, Lilly sentait son cœur s’emballer : il raisonnait lourdement dans sa tête, et ce battement sourd couvrait peu à peu les bruits de pas de l’inspecteur Rush. Lilly essayait de calmer sa respiration, elle ne devait en aucun cas montrer sa détresse devant l’agent de police si elle voulait paraître crédible. Elle s’approcha de lui et sortit sa plaque avec rapidité.

Lilly (sèchement) : Il faut que j’interroge cet homme.
Policier (surpris) : Quoi, en plein milieu de la nuit ?
Lilly (en colère) : Je suis inspecteur à la criminelle. Vous voulez vraiment jouez avec moi ?
Policier (un peu impressionné) : Je fais que mon boulot madame, je dois rester là et…
Lilly (lui coupant la parole) : Vous allez me laisser passer et aller vous chercher un café.
Policier (hésitant) : Je n’ai pas le droit de le laisser seul.
Lilly (plus calme) : Il ne sera pas seul, je serais avec lui. Quoi, vous pensez vraiment qu’un type qui vient de sortir du coma va s’échapper alors qu’un inspecteur est à côté de lui ?

Le policier hésitait. Ca faisait une bonne partie de la nuit qu’il était en garde, et une petite pause café serait la bienvenue. Et puis, elle avait raison. Le type n’avait aucune chance de s’échapper. Mais d’un autre côté, il venait de commencer son boulot et il ne voulait pas avoir de problèmes.

Policier : Ecoutez inspecteur, je.. c’est mon deuxième jour et si jamais il arrive quelque chose…
Lilly (lui adressant un sourire) : Je ne dirais rien, je vous le promets.

Le jeune policier hésita et finit par accepter de la laisser entrer. Il s’éloigna de la chambre peu à peu. Lilly le regarda disparaître au fond du couloir et poussa la porte de la chambre.

La pièce était relativement sombre, seule une petite lampe éclairait un lit d’hôpital où reposait un homme au teint pâle. Par chance, les stores des parois vitrées donnant sur le couloir étaient descendus (sans doute pour plus de sécurité). Lilly referma doucement la porte et s’immobilisa un instant dans la pénombre.

Il était là. Allongé sur son lit, des perfusions dans les avant bras, l’air si paisible. Lilly ne put s’empêcher d’avoir un haut le cœur en apercevant le monstre qui l’avait séquestrée. Elle s’approcha lentement du lit, son pouls et sa respiration s’accélérant à chaque pas. Arrivée à sa hauteur, elle observa son rythme cardiaque sur le moniteur, puis la perfusion de morphine qui délivrait goutte à goutte le précieux anti-douleur. Il avait l’air si tranquille, une bande entourait sa poitrine à l’endroit où Scotty avait fait feu. Lilly serra la mâchoire, elle sentait toute cette haine monter en elle, il n’avait pas le droit de vivre après ce qu’il lui avait fait. Elle voulait qu’il souffre autant qu’elle avait souffert. Sa main s’approcha du poignet de Zachary et elle arracha d’un coup sec la perfusion de morphine. Zachary se réveilla en sursaut, en poussant un petit cri de douleur. Il mit quelques secondes à reprendre ses esprits et découvrit le visage haineux de Lilly.

Zach (surpris) : Tu…tu étais censée être morte…
Lilly (ton glacial) : Toi aussi.


Scotty arriva enfin à l’hôpital. Il descendit en courant de sa voiture et se dirigea vers le hall d’accueil, slalomant entre ambulances et brancards qui avaient envahis le parking devant l’entrée des urgences.


Même sur son lit d’hôpital, Zach semblait sûr de lui. Il avait remarqué l’état de fatigue et la fragilité de la jeune femme. Il esquissa un petit sourire, ce qui fit frissonner Lilly.

Zach : Je sais pourquoi t’es venue.
Lilly : Ah oui ?
Zach (la regardant droit dans les yeux) : T’arrêtes pas de rêver de moi hein ?

Lilly sortit son arme et la pointa vers la tête de Zach. Elle essayait de garder son sang froid, elle ne voulait pas qu’il voit qu’elle était terrifiée, mais ses mains ne pouvaient s’empêcher de trembler.

Zach : Ouh ! Aurais je touché un point sensible ?
Lilly : Et ça, c’est sensible ?

Lilly appuya le canon de son arme sur la poitrine de Zach, réveillant ainsi une vive douleur. Zach ne put s’empêcher de gémir.


Scotty se précipita vers le comptoir. Il sortit sa plaque et interrogea l’infirmière.

Scotty (inquiet, essouflé) : Criminelle. La chambre de Zachary Fersen.
Infirmière : Qu’est ce que vous avez tous à vouloir le voir ?
Scotty : Quoi ??
Infirmière : Y a un inspecteur qui est arrivé il y a 15 minutes et…
Scotty (paniqué) : Une femme ? Blonde ?
Infirmière (étonnée) : Comment vous savez…
Scotty : Le numéro de la chambre !
Infirmière : 702, 2ème étage mais…

Scotty se mit à courir vers les escaliers.
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littleangel



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MessageSujet: Re: Douloureuses retombées (terminée)   Dim 3 Fév - 21:02

Zach : Aaaahhh….
Lilly (en colère) : Ca fait mal hein ?
Zach (esquissant un sourire) : ....ça te plait...? T’aimes ça...hein? Faire mal…
Lilly (tendue) : La ferme…

Scotty arriva en courant dans le couloir et entendit crier. Il se précipita vers la chambre 702.
Il ouvrit la porte lentement, et découvrit Lilly, arme au poing, le canon appuyé sur la poitrine de Zach.

Scotty : Lilly !
Lilly (ne détachant pas son regard de Zach) : Vas t’en Scotty.

Scotty referma la porte et avança doucement. Lilly l’aperçut du coin de l’œil et braqua son arme sur la tête de Zach.

Lilly (les larmes aux yeux) : Scotty s’il te plait…Ne reste pas là…

Scotty s’arrêta, paniqué. Il ne savait pas quoi faire, il n’allait quand même pas braquer son arme sur sa coéquipière. Il essaya de chercher les mots, en vain. Devant la situation, Zach se mit à sourire.

Zach (regardant Lilly) : C’est marrant, cette scène me rappelle quelque chose.
Lilly : Ferme la…
Zach (les yeux pétillants): Le vaillant petit copain qui vole au secours de la belle en danger…

Scotty lui jeta un regard noir. Lilly braquait toujours son arme à quelques centimètres de la tête de Zach. Tout se mélangeait dans son esprit, la colère, la souffrance qu’elle avait ressentit, la haine qu’elle éprouvait envers ce sadique. Zach savait très bien que Lilly était à fleur de peau et qu’elle pouvait craquer à tout instant. Et c’est ce qu’il voulait.
Zach tourna lentement la tête vers Scotty et lui adressa un sourire.

Zach : Au fait, vous avez aimé les petits cadeaux que j’ai laissé sur le corps de votre copine ?

Scotty serra la mâchoire. Il aurait voulu lui sauter à la gorge mais le moindre geste brusque risquait de faire déraper la situation. Lilly appuya son revolver sur la tempe de Zach, qui n’arrêtait pas de sourire. Scotty sentait que Lilly allait flancher. Il essaya de se rapprocher un peu.

Lilly (en colère) : Tu vas payer pour ce que tu m’as fait.
Zach (souriant): Quoi ? T’as pas aimé ?
Scotty (tendu) : Lilly, calme toi… N’entre pas dans son jeu…
Zach (ton enfantin): Oh si Lilly, viens jouer avec moi…
Lilly (serrant les dents) : Je vais te tuer…
Scotty (nerveux) : C’est exactement ce qu’il veut ! Baisse ton arme, je t’en prie…
Zach (tout sourire) : Vas y ma belle, tire !
Lilly (les larmes aux yeux) : Scotty, ne t’approche pas…
Scotty (suppliant) : Lilly…

Lilly tourna la tête vers Scotty, les yeux remplis de larmes. Elle lui lança un regard si triste et si plein de souffrance qu’il comprit qu’elle avait pris sa décision et qu’il ne pourrait rien faire.

Lilly (d’une voix faible) : Je suis désolée…

Elle tourna la tête vers Zach et appuya sur la détente.




Pendant une fraction de seconde, le temps s’arrêta. Scotty était immobile, bouche bé, choqué par ce qui venait de se passer. L’arme de Lilly était toujours contre la tempe de Zach, et Lilly semblait froide et distante, les larmes s’étant arrêtées de couler. Lilly rangea son arme dans son étui, lentement. Elle se pencha vers Zach et murmura à son oreille.

Lilly (mâchoire serrée) : Tu as perdu Zach.

Zach ouvrit doucement les yeux et aperçut Lilly qui reculait, un léger sourire de victoire aux lèvres. Le revolver n’était pas chargé. Lilly avait réussi à prendre le contrôle. Zach devint soudain pâle comme un linge.

Zach (voix blanche) : Non…tu devais me tuer…non…

Lilly savait ce qui faisait le plus peur à Zach. Ce n’était pas la mort, oh non, ça l’aurait délivré. D’ailleurs il avait prévu d’en finir ce soir là, après l’avoir tuée. Ce qui le terrifiait c’était de passer le reste de ses jours en prison, la même prison que celle où était enfermé son frère Aaron, et de subir les mêmes sévices que lui.

Lilly recula doucement et passa devant Scotty sans le regarder, la tête baissée. Elle sortit de la pièce sous les supplications de Zach, laissant Scotty dans la chambre, encore sous le choc.

Scotty mit quelques secondes avant de réagir. Il avait eu tellement peur qu’elle le tue, qu’il dû prendre une grande respiration pour relâcher la pression. Lorsqu’il sortit dans le couloir, Lilly était déjà partie. Il se mit à sa recherche, et finit par se retrouver sur le parvis de l’hôpital. Au milieu des sirènes, il entendit des sanglots provenir d’un coin sombre. Il s’approcha doucement et découvrit Lilly en pleurs, recroquevillée au sol, appuyée contre un mur. Il s’accroupit doucement près d’elle et la prit dans ses bras, et elle laissa éclater toute la souffrance et toute la colère qu’il y avait en elle. Lilly tremblait de tout son corps, laissant les sanglots prendre le contrôle de sa respiration. Elle n’arrivait pas à se calmer, les larmes ne s’arrêtaient pas, elle se sentait si fatiguée. Il aura fallu tout ce temps pour qu’elle accepte enfin de craquer et de se laisser aller. Scotty la prit délicatement dans ses bras et la serra contre lui. Ils restèrent un long moment immobiles, au milieu de l’agitation des urgences et des sirènes des ambulances.

Scotty dû porter Lilly jusqu’à sa voiture, elle n’avait même plus la force de marcher. Il l’installa à l’avant et prit le volant. Quelques instants plus tard, ils arrivèrent chez Lilly. Scotty coupa le moteur et se tourna vers sa coéquipière. Epuisée, Lilly s’était endormie pendant le trajet. Elle avait l’air si vulnérable maintenant. Scotty sortit de la voiture et en fit le tour. Il ouvrit la portière côté passager et passa ses bras autour de Lilly. Il la porta jusque dans sa chambre et l’allongea doucement sur le lit. Il enleva son manteau, posa son arme et sa plaque sur la table de chevet et lui retira ses chaussures. Puis il la glissa délicatement sous les draps, et ramena ceux-ci pour border la jeune femme.

Scotty s’assit au bord du lit, et posa ses yeux sur Lilly. Son visage portait d’évidents signes de fatigue mais ses traits s’étaient relâchés, comme si toute la tension avait disparue, laissant place à la fragilité et à la tranquillité. Il passa la nuit à la regarder dormir, caressant doucement ses longs cheveux blonds. Cette nuit là, aucun cauchemar ne vint troubler le sommeil de Lilly.


FIN
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Souriceaux



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MessageSujet: Re: Douloureuses retombées (terminée)   Dim 3 Fév - 21:20

cool comme suite enfin comme fin !! fais en d' autre

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MessageSujet: Re: Douloureuses retombées (terminée)   Mar 5 Fév - 15:43

Merci! Eh bien ma troisième fic est commencée depuis plus d'un mois sur l'autre forum, je pense que vous aurez la totalité ici dans... (euh, faut que je finisse, donc faut compter pratiquement 2 à 3 mois, donc en gros...)... 4 mois??? Bon, je sais, c'est long! Mais au moins vous aurez tout dune traite! Et puis j'ai déjà une autre idée de fic dans la tête...
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kelly



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MessageSujet: Re: Douloureuses retombées (terminée)   Mer 6 Fév - 11:58

super fic !!

j'ai du en oublié des bouts parce que j'ai lu par bout ya des trucqs que je ma rappel plus, va falloir ke je la relise mdr!!

mais j'avais lut quelque partie et elle était genial
mais t trop rapide jarrive pas a suivre xd

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Douloureuses retombées (terminée)

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